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Économie / Dossier economique

Younes Grar, Consultant spécialisé dans les TIC

“On est en train de perdre de l’argent fou dans le e-paiement”

©D. R.

Le consultant dans les TIC, Younès Grar, évoque dans cet entretien le boom des TIC en Algérie, expliquant que le retard mis dans le lancement du e-paiement a beaucoup plus compliqué les choses.  

Liberté : Ces dernières années, on a vu un boom dans les TIC en Algérie. Il y a eu l’avènement de la 3G, tout de suite après la 4G et l’e-paiement. Quel est l’apport de ce boom des TIC sur l’économie nationale ?  
Younès Grar :
Du point de vue pratique, toute l’économie est liée au numérique. Soit au niveau de la gestion interne des entreprises et des administrations, soit au niveau de la communication et des relations commerciales et marketing. Même si on parle de publicité, on est obligé maintenant d’étendre. La publicité ce n’est pas la télévision seulement, la radio ou les journaux. Il y a la pub sur internet. Il y a les applications mobiles, les réseaux sociaux, donc il faut s’adapter. Mais il y a une condition sine qua non pour réussir cette révolution numérique. Il faut que l’accès soit assuré. Malheureusement, on a beaucoup de difficultés sur l’accès à internet. Avec la 3G, le nombre d’internautes a augmenté d’une manière extraordinaire. On était entre 1 à 1,5 million d’abonnés ADSL, en deux années on est à 18 millions d’abonnés 3G. Cela veut dire qu’on a 18 millions d’Algériens qui accèdent à l’internet à travers leur téléphone.  C’est extraordinaire du point de vue publicitaire et commercial. Cela va donner un plus pour l’économie algérienne. Rien que dans la 3G et la 4G, le secteur a connu une grande dynamique avec des emplois, en plus du chiffre d’affaires généré. Une étude a montré qu’en lançant la 3G, on crée un marché annuel de 3 à 5 milliards de dollars.

On a accusé un grand retard dans le lancement de l’e-paiement. Est-ce que ce retard a été mis à contribution pour baliser le terrain pour ce mode de paiement ?       
Le retard a beaucoup plus compliqué le problème. Premièrement, il va y avoir beaucoup de demandes, surtout les premiers temps, donc il faut que les plates-formes puissent supporter le flux des demandeurs en ligne. Est-ce que les plates-formes sont prêtes, les banques, les commerçants, etc ? Il y a aussi l’effet de crainte.
Le fait que ce soit retardé, les gens ont peur. L’environnement de confiance a été touché de plein fouet. Cette confiance doit revenir petit à petit. En plus, les gens ont eu des mésaventures en utilisant leur carte de retrait. Tout cela c’est des histoires qui vont pousser les gens à réfléchir mille et une fois avant de payer en ligne. C’est pourquoi je dis que ce e-paiement doit être suivi d’une grande opération de sensibilisation, d’accompagnement et de mise en confiance. On pourra ainsi en accélérer l’usage. Par exemple, on peut mettre en place des mesures d’intéressement. Celui qui achète en ligne ne paye pas de TVA par exemple. Comme cela, on encourage le payement en ligne et d’un autre côté on essayera de récupérer une partie du marché informel.   

Ne pensez-vous pas que lancer le e-paiement amputé du e-commerce, faute de loi, est une erreur ?   
Il n’y a pas que ça. On doit aussi régler le problème de la signature électronique. Les certifications électroniques sont inexistantes. Qu’est-ce qui a poussé par exemple le ministère de la Justice et celui de l’Intérieur à lancer leur certification électronique sans attendre ni loi, ni structures, ni autorité de certification ? Est-ce que les institutions et les services qui sont au service du citoyen vont attendre à l’infini cette loi qui cogite depuis des années sans aucun résultat ? On est en train de perdre un argent fou. Le fait d’avoir lancé l’inscription des étudiants en ligne a permis au ministère de  l’Enseignement supérieur de gagner 100 milliards de centimes cette année. Cela veut dire que le ministère de la Poste et des TIC, par son retard à mettre en place tous ces mécanismes de certification de signature électronique, de loi et de textes, fait perdre au pays des milliards de dinars.        

S. S.


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