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Économie / Dossier economique

Panier de monnaies

Optimiser leur utilisation

Selon le gouverneur de la Banque d’Algérie dans sa déclaration à l’APN, le solde de nos réserves de change au 31 décembre 2016, a révélé une diminution de 29,9 milliards de dollars dont 4,3 milliards de dollars dus aux pertes de change liées aux placements dans d’autres monnaies que le dollar.

D’où la lancinante question de la gestion optimale et transparente du placement de nos réserves de change à l’extérieur et de la combinaison monétaire. On se rappelle que cette problématique avait été soulevée par de nombreux spécialistes dès 2008 avec la survenue de la crise financière internationale. Certains d’ente eux avaient évoqué l’option de la création de fonds souverains en mettant à profit  notre embellie financière. La Banque d’Algérie, de même que les décideurs politiques, avaient marqué leur réticence et s’étaient fortement opposés à cette option. Pourtant, Abdelatif Benachenou, ancien ministre des Finances et proche du président de la République, était un fervent défenseur de l’option de création de fonds souverains, car, estimait-il “20% de nos réserves de change suffisaient pour lancer un fonds d’investissement souverain”. Mais il faut recontextualiser sa pensée. Nous n’étions pas dans une situation de très forte chute des cours des hydrocarbures. En revanche, son successeur et actuel conseiller à la présidence, en l’occurrence Abdelkrim Djoudi pensait “qu’une telle option est une décision économique et une question de prise de risque, et qu’il serait plus judicieux de consacrer ce pactole au financement des grands projets”. Quant au gouverneur de la Banque d’Algérie de l’époque, M. Mohamed Laksaci, il avait  estimé que le placement des réserves de change en bons du Trésor américain constituait un placement sûr et sans risque. Au demeurant, dans sa démarche de gestion prudente des réserves de change, selon le professeur Mebtoul “la Banque centrale utilise deux manières prudentes pour placer les réserves de changes de l’Algérie. En précisant que la Banque d’Algérie peut à tout moment récupérer ces fonds. Elle place 70% de cet argent en titre souverain, c'est-à-dire en bons de Trésor américains, japonais, britanniques et européens qui sont pour la plupart cotés AAA (placements très sûrs) avec des durées qui sont plus ou moins longues. Le second placement s’effectue via les dépôts de la Banque centrale sur le marché bancaire et interbancaire. L’argent est déposé par la Banque centrale auprès de banques internationales qui disposent de références très élevées. Ce matelas de devises serait composé à 45% en dollars américains, à 45% en euros, à 10% en yens et 10% en livres sterling”. In fine, à travers les déclarations des différents responsables institutionnels, appuyées ou confortées par certains experts, il apparaissait clairement que les autorités algériennes avaient opté pour une gestion prudente des réserves de change en minimisant les risques. Et, face à une éventuelle dépréciation de la valeur du dollar, les dépôts effectués par la Banque d’Algérie ont été diversifiés à travers plusieurs devises fortes. Même s’il faut reprocher aux autorités monétaires nationales une prudence excessive dans la gestion de nos réserves de change, force est de constater que l’évolution de l’économie mondiale, dont la crise structurelle s’inscrit dans la durabilité, conjuguée à la chute drastique des cours du pétrole, leur a donné raison. Les conditions économiques et financières d’aujourd’hui, incitent certes à la prudence mais non au statu quo. Il faut également tenir compte du fait  que la gestion et le développement de la rentabilité de nos placements requièrent deux critères essentiels. En premier lieu, une ressource humaine qualifiée et de haut niveau et en second lieu, une modernisation de notre système financier et bancaire par une généralisation des technologies de l’information et la maîtrise du numérique, ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui. Par ailleurs, notre mode de gouvernance, caractérisé par une opacité que tout le monde décrie, aggravé par une corruption endémique de la gestion des deniers publics, ainsi que la paralysie des institutions de contrôle, ne plaide pas en faveur d’une prise de risques d’autant que l’acte de gestion n’est pas dépénalisé. Mais cette donne ne doit pas empêcher les responsables de la Banque centrale de surfer sur la combinaison monétaire pour éviter les pertes de change et, mieux encore, d’engranger plus de dividendes.


A. H.


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