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Économie / Dossier economique

L’EMPRUNT NATIONAL POURRAIT AVOIR DES EFFETS PERVERS

RISQUE D’ASSECHEMENT DU MARCHÉ FINANCIER

Précipitation
Le ministère des Finances et la communauté bancaire viennent d’envoyer deux signaux en vue de ratisser le plus large possible dans les rangs des potentiels déposants : l’élargissement de l’éventail des titres à ceux de dix mille dinars et un million de dinars et l’afflux des souscripteurs dès les dix premiers jours du lancement de l’emprunt obligataire.

 

L’objectif apparent est de drainer une masse d’argent suffisante susceptible de financer les investissements publics, l’opération de conformité fiscale n’ayant pas eu les résultats escomptés. Bonne nouvelle donc au démarrage de cette vaste opération de collecte de fonds auprès des particuliers et des entreprises. Mais tout cela masque la précipitation avec laquelle le gouvernement a procédé au lancement de l’opération.
D’abord, une véritable campagne de communication n’a pas accompagné le lancement de l’opération. À tel point que le simple citoyen ou l’observateur averti ne sait pas avec précision si l’objectif de l’emprunt est de drainer l’argent de l’informel ou les fonds dormants des particuliers et des entreprises. En outre, les autorités affirment que l’argent ira aux projets d’investissements publics. Mais plusieurs semaines après le lancement de l’opération, ces projets ne sont pas identifiés. On a déterminé encore moins leur degré de rentabilité. Pis encore, un responsable du ministère des Finances a déclaré que ces projets à financer étaient d’utilité publique. Comme si des projets socialement bénéfiques pouvaient être dans tous les cas économiquement rentables. Qui plus est, le risque de voir les investisseurs institutionnels (banques, assurances) reconvertir l’argent collecté en titres souscrits à l’emprunt national.
Du coup, cet instrument financier pourrait siphonner les dépôts bancaires et donc assécher les liquidités bancaires entraînant une augmentation des taux d’intérêts bancaires et des difficultés plus grandes à contracter des crédits auprès des banques. Quant à l’informel, il pourrait être éradiqué dans son pan commercial en 2017, si les difficultés à l’achèvement du programme de réalisation de 1 000 marchés de proximité sont levées. En attendant, drainer l’argent brassé dans des transactions opaques constitue un véritable casse-tête chinois, un défi pour le gouvernement qui ne pourra être relevé que si les connexions entre l’informel et des centres de décision sont neutralisées avec une politique beaucoup plus audacieuse pour en finir avec ce phénomène qui gangrène l’économie nationale.
Or, tant qu’on n’aura pas touché le mal à sa racine, on ne pourra s’attendre à l’extinction des marchés informels.


K. R.


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