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Économie / Dossier economique

rentrée sociale

Sombre horizon en 2017 ?

La rentrée sociale, cette année, revêt un caractère particulier pace qu’elle intervient dans un contexte de crise économique et financière qui a impacté les équilibres budgétaires et financiers conséquemment à la chute des cours du pétrole.

La grande question qui se pose est de savoir si dans le contexte d’aujourd’hui l’exécutif décidera de mesures impopulaires en prenant le risque d’enflammer le front social ? C’est ce qui semble se profiler à travers le projet de loi de finances de 2017. La loi de finances 2017 introduira une vision sur le moyen terme et “marquera le début d’adaptation du niveau des dépenses aux ressources financières du pays”, a annoncé le nouveau ministre des Finances, Hadji Baba Ammi, en marge de la présentation de la loi portant règlement budgétaire de 2013 devant le Conseil de la Nation. Et pourtant les partenaires socioéconomiques -patronat, syndicats- semblaient s’être mis d’accord pour un front social stable. Est-ce le calme qui précède la tempête ? Beaucoup d’observateurs de la scène sociale et économique le pensent, y compris certaines institutions sensibles de l’État. “Le taux des transferts sociaux par rapport au PIB est le plus élevé au monde”, avait déclaré le président de la République dans son message à l’occasion du 5 Juillet. C’est là une réalité que personne ne peut nier. Mais est-ce pour autant la meilleure politique économique dans un contexte international marqué aujourd’hui par une crise financière structurelle qui nous a directement impacté ? Mais face à la réalité concrète, de nombreux observateurs politiques, de même que d’éminents économistes, qui ne se revendiquent pas nécessairement de l’ultra libéralisme, qualifient la politique économique nationale de “populiste” qui annihile chez l’Algérien tout esprit d’initiative et d’entreprise. Ces mêmes économistes n’ont eu de cesse d’appeler à un nouveau paradigme économique afin de libérer le pays des gifles de la rente. Non seulement ils n’ont pas été écoutés mais ils ont été souvent stigmatisés et qualifiés par certains cercles du pouvoir “d’opposant nihilistes”. Alors que faire aujourd’hui face à la chute vertigineuse des cours du pétrole et la contraction de nos recettes extérieures ? Les pouvoirs publics sont visiblement dans une situation délicate. Ils doivent faire face à deux contraintes. L’amenuisement de nos capacités financières et l’obligation de continuer une politique sociale, qui, aussi généreuse soit-elle, nous mènera droit dans le mur. Sans omettre la question de légitimité du pouvoir qui l’obligera à ne pas “trop tirer le diable par la queue” au risque de provoquer des émeutes populaires à large échelle. Au demeurant, c’est dans un climat délétère et de crispations socio-politiques que le pouvoir semble changer de discours. Ainsi une nouvelle sémantique basée sur un nouveau lexique apparaît. Diversification de l’économie, promotion de la production nationale, consommer algérien… Dans le même temps, des voix s’élèvent en faveur de la mise en place de mécanismes de subventions ciblées, de révision des prix de l’énergie, des carburants que l’Algérie importe en quantités importantes depuis 2013, de l’électricité, du gaz et de l’eau pour endiguer le gaspillage de ces ressources. Mais dans de telles conditions, quelle que soit la volonté de l’État d’apporter les réponses idoines à ces questions, la persistance d’un mode de gouvernance permissif et perverti par la corruption, la fraude fiscale et les passe-droits de toute nature, les couches populaires n’accepteront pas de supporter à elles seules, le poids de l’austérité. D’autant que 2017 se présente sous de mauvais auspices.


A. H.


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