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Économie / Dossier economique

Nouveau modèle économique de croissance

Son contenu reste très vague

©Billel Zehani/Liberté

Le gouvernement avance à tâtons. Il n’affiche pas sa ferme détermination à s’affranchir du modèle rentier.

L’exécutif vise dans son nouveau modèle économique de croissance adopté par la tripartite du 5 juin dernier à aboutir à terme à des niveaux soutenables en matière d’équilibres du Trésor et des finances publiques, de consolider la justice sociale sans surcoût économique, de réformer la fiscalité et de mettre le budget au service de la croissance et du développement humain durable. Il veut également mettre en avant une politique de diversification économique, de transformation structurelle et de rénovation du modèle de financement de l’économique, basée sur une vision économique et sociétale. Il s’engage à asseoir une transition devant mettre en adéquation politiques publique et sectorielle, rénovation et gouvernance économique, et permettre l’émergence d’acteurs de marché, qui soient en mesure de mettre en place une économie où la forte dépendance aux hydrocarbures et la dépense publique seront réduites graduellement. L’Exécutif est resté ainsi vague sur le contenu du nouveau modèle économique. Il  ne s’est pas montré  disert sur des objectifs chiffrés, évoquant incidemment deux éléments : une augmentation des recettes d'exportations hors hydrocarbures à 9% à fin 2016 contre environ de 5% à fin 2015. Et, un fléchissement de la trajectoire budgétaire sur trois années, avec un relèvement substantielle de la fiscalité ordinaire. Le gouvernement trace ainsi une trajectoire budgétaire circonscrite, manière de répartir l’effort dans le temps. Il reprend en fait une des propositions formulée par le collège des experts du Cnes, qui s’est réuni fin 2015 à Alger. Le collège des experts a en effet invité l’exécutif à révolutionner de fond en comble la politique budgétaire, avec à la clé un financement de la totalité du budget de fonctionnement par la  fiscalité ordinaire. Un objectif réalisable, dans une conjoncture où les ressources s’amenuisent dangereusement ? Souad Bouchakour est spécialiste des questions économiques et financières. Elle estime dans une déclaration qu’elle nous a faite que c’est aussi dans les moments de crises que l’on peut conduite de réelles réformes. Elle ajoute que relancer l’économie constitue un des défis majeurs en ces temps de crise pour l’État et qu’il est plus que temps de le faire en mettant en place une vraie stratégie économique, avec tous les moyens nécessaires pour sa mise en œuvre, en commençant par améliorer le climat des affaires dans le but d’encourager l’investissement productif à travers par exemple la mise à plat des problèmes liés à la bureaucratie, la mise en place d’une réglementation incitative et durable. Car, souligne-t-elle, le changement répétitif des lois crée un climat d’incertitude, voire de méfiance surtout chez les investisseurs étrangers. Souad Bouchakour rappelle par ailleurs que le niveau des réserves de change a certes baissé mais que le matelas de devise ne s’est pas complètement épuisé. Il nous faut, dit-elle, réfléchir en termes d’investissement et de relance économique et non pas en termes de mois de consommation. Et s’il y a réelle volonté de changer les choses, il n’y a pas de raison que la réforme du système économique n’aboutisse pas. Le collectif Nabni semble lui peu optimiste sur le sujet. Il fait connaître sa pensée dans un document fouillé dont il nous a fait parvenir une copie.  Il y écrit : L’échec manifeste des tentatives antérieures de réforme et de diversification économique nous commande de faire autrement, et d’adopter un changement de cap audacieux dans la gouvernance économique. Evidemment, sans réformer profondément la gouvernance publique, les mêmes maux, sources des échecs passés, se reproduiront. Nabni explique que pour rendre possible la mise en œuvre  des réformes tant attendues, il nous faut penser autrement leur mise en œuvre. Et d’ajouter : “Sans organiser la mise en œuvre  des réformes, sans renforcer la capacité de l’Etat pour s’y atteler, sans volonté de faire autrement, la nouvelle ambition affichée aujourd’hui par les autorités, nous le craignons, échouera.” Le collectif Nabni estime que l’on ne peut plus se permettre de maintenir le même niveau de dépenses publiques requérant un baril à 100 dollars. Cela, ajoute-t-il, n’est pas soutenable. Cependant, une coupe brutale dans les dépenses publiques aurait des effets dévastateurs sur notre économie. Par conséquent, formule-t-il, il est nécessaire de “lisser” les réductions en combinant réduction des dépenses et le recours mesuré à l’endettement.

Y. S.


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