Économie / Dossier economique

Le 24 FÉVRIER

Un acte patriotique

Dans un contexte énergétique mondial instable, le bien-fondé de la décision de nationalisation des hydrocarbures s’est révélé, au cours du temps, salutaire pour notre pays et traduit aujourd’hui un acte historique hautement patriotique des décideurs de l’époque. Pour les Algériens, évoquer le 24 février, marqué par la nationalisation du secteur de l’énergie, c’est éprouver un sentiment d’orgueil national. C’est toute la notion de recouvrement de la souveraineté nationale et de récupération de nos richesses naturelles dont il s’était agi. La nationalisation des mines en 1967 et celle des hydrocarbures en 1971 constituaient des décisions majeures qui allaient déterminer toute la politique de développement économique et social de l’Algérie post-indépendance. Mais cette stratégie, préparée par les pouvoirs publics par la contribution de grands dirigeants politiques et managériaux, en l’occurrence Belaïd Abdeslam, Sid-Ahmed Ghozali, Aït Laoucine et bien d’autres, visait durant les premières années de l’indépendance, notamment la formation des ressources humaines en mesure de relever les défis de la nationalisation. Cette stratégie est- elle toujours de mise ? Rien n’est moins évident. L’évaluation, la gestion et la projection des  besoins en ressources humaines évoluera avec le processus de mondialisation et de spécialisation des produits et des métiers des activités liées à l’énergie. “Sonatrach est la première entreprise du continent africain. Elle est classée 12e parmi les compagnies pétrolières mondiales, 2e exportateur de GNL et de GPL et 3e exportateur de gaz naturel… Ses activités constituent environ 30% du PNB algérien et emploie 120 000 personnes dans l’ensemble de son groupe.” Ces indicateurs, fournis par le site SH, permettent de mesurer les efforts accomplis par le groupe qui continue néanmoins à être confronté à une rude concurrence dans la gestion de ses ressources humaines depuis l’ouverture économique. L’ancien PDG de Sonatrach avait déclaré, en octobre 2006, que  cette entreprise avait perdu 30% à 40% de ses cadres au niveau d’Arzew au profit des compagnies pétrolières concurrentes, notamment qataries. Cette année, nous célébrerons un 24 février morose dans un contexte de retournement des cours des hydrocarbures. Pour rappel, en 2016, le cinquantième anniversaire de la création de Sonatrach qui correspondait à celui de la nationalisation des hydrocarbures quelques années après ont constitué deux faits majeurs dans l’histoire récente de l’évolution du secteur énergétique algérien. Ces deux événements ont donné lieu à des débats riches, souvent contradictoires, mais certainement fructueux, entre les spécialistes, les anciens et les actuels responsables de l’énergie, autour de l’état des lieux actuel du secteur, de la problématique de sa gouvernance, ainsi que des perspectives stratégiques de son développement à moyen et long termes. Par ailleurs, en 2015, la tenue à Oran de la conférence internationale sur les ressources non conventionnelles annonçait déjà des hésitations des compagnies pétrolières étrangères à investir en Algérie. En vérité, cette “ébullition” exprimait et exprime toujours une “panique” des autorités algériennes face à la baisse de la production, celle de nos exportations, ainsi que la contraction de nos recettes extérieures et leurs conséquences surs nos équilibres financiers. Aujourd’hui, il s’agit pour l’État de pérenniser son pouvoir à travers une “stabilité sociale hypothétique” pas évidente, sachant que le front social est en ébullition continue, du moins par intermittence. Comme elle exprime les appréhensions quant aux hésitations des investisseurs étrangers à privilégier la destination Algérie. Enfin, les citoyens, méfiants, notamment avec l’entrée en vigueur de la LFC 2017 et ses conséquences sur leur pouvoir d’achat, se demandent de quoi sera fait demain.

A. H.