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Économie / Dossier economique

Régulation

Un décor mal planté

La gestion de cet instrument institué pour réduire les importations en contexte de baisse des prix du pétrole a posé bien des problèmes.

La chute des cours du pétrole pèse lourdement sur les réserves de changes de l’Algérie. Elles ont fondu quasiment de 50 milliards de dollars pour s’établir à 143 milliards de dollars fin décembre 2015 a fait savoir, dans un communiqué publié lundi 14 mars, la mission du FMI au terme d’une visite à Alger de dix jours. Pour limiter les importations, l’Algérie a instauré en 2015 des licences d’importation et d’exportation sur un certain nombre de produits qui pèsent le plus lourdement sur la balance commerciale. La nouvelle loi sur le commerce extérieur adoptée en juillet 2015, prévoit ainsi deux types de licences d’importation et d’exportation : les licences automatiques, délivrées par les secteurs ministériels concernés et les licences non-automatiques, délivrées par le ministère du Commerce, sur proposition d’un comité interministériel. Les deux types de licences sont valables pour une durée de 3 mois. Elles sont individuelles et incessibles. L’obligation d’obtenir des licences d’importation et d’exportation de marchandises est un dispositif qui vise, selon le gouvernement, à mieux maîtriser les importations et protéger la production nationale en période de chute des prix du pétrole. Ces licences étaient restreintes à des produits tels que les véhicules, le ciment et le rond à béton pour une valeur allant jusqu’à 4 milliards de dollars. Une liste additionnelle de produits agricoles et de viande est en cours d'examen par le comité chargé de la délivrance des licences d'importation en vue de les soumettre à ce nouveau dispositif. Lorsque la réintroduction des licences d’importation avait été annoncée en septembre 2014, le doute avait immédiatement surgi dans les esprits les plus sceptiques. Les opposants aux licences avaient mis en garde contre la tentation du gouvernement de servir les proches des décideurs. Les contestataires accusaient ces licences d’ouvrir la voie à toutes formes de favoritisme et autres dérives, que certains intérêts allaient être servis au détriment des intérêts de l’ensemble. Pour dissiper ces craintes, le ministre du Commerce de l’époque, Amara Benyounès, avait longuement insisté sur le caractère transparent et non discriminatoire du système des licences. Au final, la régulation décidée à travers l’octroi de licences d’importation pour les automobiles et le ciment ont vite fait de faire apparaître une situation très complexe. Pour le marché automobile, ces licences d’importation ont troublé un marché qui avait pourtant trouvé ses marques depuis maintenant plusieurs années. Les chiffres établis par les concessionnaires parlent d’eux-mêmes. Soumises à la mise en place de la politique d’austérité, les ventes ont connu un recul drastique, pesant ainsi sur l’activité. Les retombées des licences d’importation n’ont pas uniquement touché l’activité de l’importation des voitures, mais elles ont aussi provoqué une pénurie de ciment, provoquant une crise dans le secteur du BTPH. L’arrêt de l’importation de la quantité compensatoire des besoins du marché national en matériaux de construction, particulièrement le ciment et le rond à béton, a provoqué une pénurie. De par la structure des importations du pays, il est impossible de réduire les importations de manière significative. Certes l’instauration de licences d’importation peut atténuer les choses, mais à voir la façon avec laquelle ont été gérées les premières licences (automobile, ciment, rond à béton) les observateurs peinent à se délester de leur scepticisme.

S. S.


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