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Économie / Dossier economique

CNR

Un déséquilibre financier à juguler

© D.R.

Aujourd’hui, on enregistre en Algérie quatre cotisants pour un retraité, alors qu’il faut au mois cinq cotisants pour assurer l’équilibre financier des caisses de retraite.

Pris dans le tourbillon de la chute des hydrocarbures, le gouvernement tente de sauver les finances publiques qui ne cessent de s’amenuiser avec la baisse des revenus pétroliers. Après l’instauration de licences d’importation et l’augmentation des prix des carburants, de l’électricité et du gaz, c’est au tour du régime des retraites de subir les à-coups de la politique de rationalisation des dépenses. La réforme du système des retraites va se traduire par la suppression du départ à la retraite sans condition d'âge. Pour ce faire, un nouveau projet de loi modifiant l’ordonnance 97-13 (mai 1997) instituant le départ à la retraite sans condition d’âge a ainsi été annoncé par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, lors de la séance de clôture de la 19e tripartite. “Une commission sera mise sur pied pour élaborer ce projet de loi qui fixe l’âge de départ à la retraite à 60 ans par souci d’équité et de préservation des capacités de la Caisse nationale des retraites”, a précisé le Premier ministre.
La décision prise par la tripartite de rétablir l'âge de départ à la retraite à 60 ans se justifie par un souci d'équité mais aussi de préservation des équilibres financiers de la caisse des retraites. Dans un communiqué publié à l’issue de la tripartite, les participants justifient cette décision par “les conditions actuelles (qui) ne permettent plus le maintien du départ à la retraite sans condition d’âge”.
Avec 11 millions de salariés pour 2,7 millions de retraités, le rapport est de 4 cotisants pour un retraité, alors qu’il faut au minimum 5 cotisants pour un retraité afin de maintenir l’équilibre de la caisse. Selon la Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR), la CNR verse, chaque année, 770 milliards de dinars sous forme de pensions à environ 1 600 000 retraités, dont plus de 50% ont quitté leur emploi avant l'âge de 60 ans. La FNTR relève également qu’en 2015, sur 10 dépôts de dossiers de retraite à la CNR, 7 travailleurs actifs sont des retraités proportionnels. Les départs à la retraite, avant l'âge de 60 ans, en plus d'engendrer des pertes de cotisations et de compétences professionnelles, ne sont en rien générateurs d'emplois. Au final, les recettes versées par la Cnas et celles du Trésor public (estimées à 50% du budget) ne suffisent plus à couvrir les dépenses de la caisse. Pour renflouer la caisse des retraites, l’argent de la Cnas et la Cnac est mis à contribution.
Les cotisations chômage versées au profit de la Cnac représentent 1,5% du salaire brut réparti entre l'employeur (1%) et le salarié (0,5%). La Cnac, n’ayant pas d’indemnisation chômage, verse l’argent à la CNR. La caisse peut également compter sur le Fonds national de réserves des retraites (FNRR) qui, lui, intervient dans les cas de déséquilibre financier grave de nature à compromettre le paiement des pensions du régime obligatoire de retraite.
Le FNRR est alimenté par 2% du produit de la fiscalité pétrolière. Cette réforme semble donc nécessaire, mais est-ce la meilleure qui soit ? Selon le professeur d'économie, Mohamed Cherif Belmihoub, il y a la possibilité d’augmenter l’âge de départ à la retraite, la porter de 30 à 32-34 ans, l’espérance de vie s’étant améliorée en Algérie. Il y a aussi la possibilité d’augmenter les prélèvements des cotisations (Cnas, CNR). Cette mesure sera difficile à mettre en œuvre, le taux (35%) étant déjà élevé. La solution durable reste une croissance économique forte, créatrice d’emplois.
En un mot, le remède réside beaucoup plus dans un essor de l’économie à travers la création d’emplois via une dynamique à l’investissement et la création d’entreprises. Au jour d’aujourd’hui, l’Algérie ne dispose pas assez d’entreprises créatrices d’emplois, un handicap qui ne garantit pas la pérennité du système des retraites.


S. S.


A noter que le déficit est estimé à 200 milliards de dinars en 2013. Il s’est aggravé depuis.


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