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Économie / Dossier economique

LA BRANCHE dans tous ses états

Un marché en déclin

Les importations sont en baisse d’environ 68% en termes de valeur et 74% en termes de quantité au premier semestre 2016.

Le recul du marché de l’automobile s’explique par la conjugaison de nombreux facteurs. D’abord la récession économique du pays, suite à la chute des cours du pétrole et donc l’amenuisement de nos ressources en devises. Ensuite, l’anarchie qui régnait dans les opérations d’importations. Celles-ci avaient fait de l’Algérie un marché débridé et sans encadrement juridique où se déversaient des millions de véhicules par an, toutes marques, toutes qualités et toutes provenance confondues. Enfin, la suppression du crédit à la consommation ainsi que les mesures gouvernementales en termes de contingentement via la licence d’importation. Concernant l’importation de véhicules, les licences n’ont été attribuées, au deuxième semestre 2016, qu’à 40 concessionnaires sur 80 postulants. Par ailleurs, fixé initialement à 152 000 unités pour l’année 2016, le contingent d’importation a été réduit à 83 000 véhicules. Le contingentement concerne les véhicules destinés au transport de dix personnes ou plus, les véhicules de tourisme et autres automobiles principalement conçus pour le transport des personnes et les véhicules dédiés au transport de marchandises. Selon les prévisions du ministère du Commerce, la facture d’importation des véhicules ne dépassera pas le milliard de dollars en 2016, contre 3,14 milliards de dollars (265 523 véhicules) en 2015 et 5,7 milliards de dollars en 2014 (417 913 unités). Parallèlement à ces mesures, le gouvernement a exigé des concessionnaires d’engager des investissements dans le secteur et les filières industrielles annexes. En visite à Tiaret, le Premier ministre avait rappelé l’obligation à tous les concessionnaires automobiles d’investir localement, sans quoi la licence d’importation leur serait retirée en 2017. Pour sa part, le ministre de l'Industrie et des Mines a déclaré que “le délai arrêté à début 2017 et accordé aux concessionnaires automobiles pour créer une activité industrielle ne sera pas prorogé.” À titre de rappel, la loi de finances 2014 fait obligation aux concessionnaires automobiles de créer une activité industrielle et leur a accordé un délai de trois années à cette fin. En réalité, l’objectif avoué des pouvoirs publics est d’arriver à implanter et à développer des activités de montage de véhicules et de sous-traitence afin de densifier le secteur industriel comme moteur de la croissance et de création d’emplois. Selon les statistiques disponibles, le secteur automobile emploierait actuellement 50 000 travailleurs. Rappelons que les importateurs de médicaments ont vécu la même situation et ont fini par investir progressivement. Si les concessionnaires automobiles sont en droit de s’inquiéter légitimement de ces mesures qui impacteront effectivement leur activité, ils ont également le devoir de commencer à investir au moins dans la sous-traitance des pièces détachées et autres matériaux et équipements en créant des PME et des PMI. À charge pour les pouvoirs publics de les accompagner par diverses méthodes telles que le foncier industriel, les crédits d’investissement, l’aide à la formation de la ressource humaine, etc.

A. H.


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