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Économie / Dossier economique

Coopération énergétique Algérie-UE

Un piètre retour sur partenariat

Il y a du volume dans les tubes reliant l’Algérie au Vieux Continent. En effet, les livraisons gazières vers l’Italie ont culminé, début avril, à 65,5 millions de mètres cubes de gaz par jour, un plus haut en trois ans. Elles ont également augmenté vers l’Espagne, atteignant un niveau de 46 millions de mètres cubes de gaz par jour. Pour autant, le pays reste mal loti sur le marché gazier européen, se faisant devancer par la Russie et le Qatar, deux pays qui ne vendent pas leur gaz à qui mieux-mieux, le bradant. L’Algérie est liée à l’UE par un accord énergétique stratégique comme le sont la Fédération de Russie et le Qatar. Seulement, les deux pays en tirent profit, pas l’Algérie. L’accord dont il est question, conclu en 2013, après plus de dix ans de discussions en discontinu, a finalement produit un piètre retour sur partenariat. Dans le langage diplomatique paré de termes adoucis, l’Algérie est pour l’Union européenne un fournisseur de gaz de premier plan, fiable. Ses engagements contractuels sont irrévocables. Dans les faits, le bilatéral mutuellement bénéfique en termes d’investissement ne s’est pas  développé. Le pays désenchante. Mais il ne peut pas se détourner d’un accord qui en est encore à ses débuts. L’accord stratégique dont le contenu demeure encore parcellaire devrait établir le cadre général dans lequel va évoluer la coopération énergétique entre l’Algérie et l’Union européenne. Il fixe la complémentarité et l’équilibre des intérêts entre les deux partenaires. Il s’agit principalement de la sécurité des approvisionnements de l’UE et le transfert de technologie pour le développement des énergies renouvelables en Algérie. Il permettra globalement de structurer les relations énergétiques algéro-européennes, d’ouvrir de nouvelles perspectives dans le domaine de l’investissement en énergie en Algérie, notamment dans les énergies conventionnelles, dans les énergies nouvelles et renouvelables et dans la  pétrochimie. Au départ, il s’est heurté à des divergences entre Alger et Bruxelles sur l’essentiel : l’investissement européen dans le secteur de l’énergie en Algérie et sur la présence d’entreprises algériennes sur le marché européen. Les négociateurs algériens trouvaient, et ils avaient raison, pas juste que les pays européens cherchent toujours à sécuriser leurs approvisionnements en gaz, mais rechignent dès lors qu’il s’agit d’investir suffisamment dans des projets pétroliers ou gaziers, et dans le renouvelable en Algérie. Du reste, l’UE s’est fortement opposée, par exemple, à la naissance d’une industrie pétrochimique en Algérie. Et il y a toujours de l’eau dans le gaz, car tel qu’il fonctionne aujourd’hui, le marché européen ne laisse pas une grande marge de manœuvre pour le groupe Sonatrach qui avait, faut-il le rappeler, fermement critiqué la directive de la Commission européenne qui interdit aux producteurs de l’énergie de distribuer directement leurs produits sur le Vieux continent. La directive a permis de scinder les activités production, transport et distribution de l’énergie pour, soit dit en passant, lutter contre des marchés d’énergie “très concentrés”. La Sonatrach estime être lésée par cette mesure, car ayant consenti des investissements énormes dans le transport du gaz dans l’espoir de pouvoir les amortir en intervenant dans la distribution directe de cette énergie sur le marché européen.

Y. S.


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