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Économie / Dossier economique

Identifiés mais pas levés

Une Kyrielle d’obstacles

Quand l’acte de production est négligé, il ne faut pas s’attendre à une croissance importante de nos exportations.

Une série de contraintes, sériées, mais pas levées, font que les exportations hors hydrocarbures continuent de faire du surplace. La politique de changes, avec une réglementation surannée, fait partie des obstacles à l’exportation. Ferhat Aït Ali est analyste financier. Il  estime que cette politique “ne permet pas beaucoup de marges de manœuvre” en matière d’exportation. Il explique ainsi que  la règlementation et le risque juridique sont tels qu'ils ne permettent que des “opérations sporadiques, par à coups, et sans aucune action préalable sur les marchés ciblés”. Et puis, le risque en cas d’incident de rapatriement de la devise, produit des exportations, “décourage totalement” les opératoires de “s’ y investir, sans avoir des moyens assez conséquents pour parer à toute mauvaise surprise sur leurs propres moyens, et en ce moment, un seul opérateur peut le faire et il le fait”. Mais quel est le rôle de l’État dans la promotion et le soutien aux exportations ? Il peut apporter “un accompagnement en amont”, pour les producteurs dont les capacités et la volonté d'exportation sont avérées et identifiées, pour les favoriser en “terme fiscal sur les inputs et en terme de financements quand cela se fait sentir”. S’y ajoute “un accompagnement en aval”, par “la refonte des règlements au niveau de la banque d’Algérie” qui devra, relève l’expert financier, assurer “une fluidité des flux financiers” dans les deux sens pour ce genre d’opérations. Elle peut le faire en déléguant, ajoute-il, certaines prérogatives dérogatoires  pour “les transferts destinés à la promotion des produits et à l’installation de bureaux de liaison ou d’antennes locales, à la direction générale du commerce extérieur plus apte à estimer ce qui est faisable ou pas en matière d'exportations hors hydrocarbures”.
Ferhat Aït Ali souligne, en ce qui  concerne  la question du rapatriement, que le problème a été “mal posé  et exprimé en matière de délais de rapatriement à prolonger de 120 à 180 jours, alors que c’est pour des produits vendus à des clients souvent uniques et même volatiles”. Et d’ajouter que “si le règlement ne se fait pas dans le mois, la créance est compromise en partie”.
Il s’agit, dit-il, de faciliter les capacités d’intervention directe des exportateurs sur les marchés internes des pays ciblés, et de vendre eux-mêmes pour donner un sens à cette mesure de 180 jours et même l’allonger. Pour cela, recommande-t-il, il faut “libérer” les opérateurs en fonction des capacités de transfert inverse au prorata de leurs prévisions d’exportation, de manière à les mettre en position confortable dans le pays cible. Sinon, formule-t-il, il faut remplacer cette règle de délais, par l’existence d’une procédure de recouvrement judiciaire dont les frais seraient “transférables”, pour vérifier la véracité de la défaillance de paiement ou de l’infraction de change. Par ailleurs, Farhat Ait Ali estime qu’il faut reconnaître que durant “la vague d’importations induite par une rente sans précédent et une frénésie de consumérisme locale, il n y avait pas beaucoup d’operateurs intéressés par les contraintes du marché mondial, alors que le marché interne était autrement plus rétribué et plus permissif en qualité et en prix pratiqués sans aucune concurrence locale”. Il rappelle également que les exportations hors hydrocarbures étant à ce jour le fait de quelques centaines de petits exportateurs et d'un seul opérateur pour plus de 60% en flux monétaires. Et d’expliquer que l’acte de production ayant été déserté pour “contraintes et son peu de rentabilité”, il ne s'est porté que sur “des produits transformables et peu compétitifs” sur les marchés extérieurs comme les laitages et les jus et autres boissons, il n y avait pas de marché de proximité preneur et peu exigeant même si le rapport qualité prix était “intéressant” chez nous. Pour l’analyste financier, la production locale étant pour le moment “limitée” en terme de “diversité” et de “volume”, il y a lieu d’être “agressif” pour les “produits manufacturés de qualité vers les ex-pays de l’Est et la Russie”, et pour les “produits agricoles vers les hubs du sud de l’Europe que sont l’Espagne et l’Italie”, tout en ciblant les “marchés nordiques” pour des produits exotiques locaux, mais avec une forte politique de marketing, comme le font les Tunisiens. Les pays du Golfe sont aussi, note-t-il, preneurs de plusieurs produits du terroir local, s'ils sont compétitifs en matière de qualité et livrés dans les délais. Pour les pays africains, dit-il, je ne pense pas que nous ayons quelque chose qui puisse les intéresser dans l’immédiat.


Y. S.


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