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A la une / Dossier

Ils ont une meilleure vie et se droguent quand même

21,6% des collégiens, 26,4% des lycéens consomment de la drogue quotidiennement


Dans une enquête réalisée par la Forem sur la consommation de la drogue dans les établissements scolaires de la capitale (collèges et lycées), les conclusions font état d’un fléau qui gagne de plus en plus du terrain. Filles et garçons ont avoué qu’ils sont accros à la drogue. L’enquête révèle que 21,6% des collégiens en consomment quotidiennement, soit près de 1/5 des élèves sondés. 8,8% des collégiennes en consomment elles aussi chaque jour. Chez les lycéens, 26,4% des lycéens en consomment quotidiennement, soit 1/4 contre 18,6% des lycéennes qui en consomment chaque jour. La consommation de la drogue par les mineurs est monnaie courante du fait que l’adolescence est une période particulière d’exploration et d’expérimentation de soi-même et du monde extérieur. C’est aussi une période de recherche de sa propre identité.
Le premier contact à l’âge de l'adolescence avec une drogue se fait habituellement sous l'influence des pairs. Cette “initiation” renvoie à des modalités particulières du fonctionnement de l'adolescent et des remaniements psychologiques normaux qu'il traverse à cet âge qui se caractérisent essentiellement par le besoin de s'identifier à un groupe et par la dimension de transgression consistant à faire ce qu'interdisent généralement les adultes. La curiosité, la recherche du plaisir et d'expériences nouvelles sont généralement les motivations de ce premier contact. Il survient le plus souvent en dehors de toute difficulté psychopathologique. Depuis quelques années, le nombre de mineurs interpellés pour consommation de drogue évolue crescendo. Pour mieux comprendre ce phénomène, une virée à la brigade des mineurs d’Alger s’est imposée. Alger, le 30 mai, il est 15h. Nous avons rendez-vous avec la brigade des mineurs à l’avenue Dr Saâdane pour une sortie sur le terrain. Avec la commissaire Derari Salima et trois de ses agents, nous avons pu effectuer une tournée dans les grandes artères d’Alger-Centre, de Dr Saâdane au square Port Saïd en passant par la gare d’Agha et la Grande-Poste. La pêche n’était pas fructueuse. Mme Derari justifie l’absence de toxicomanes dans les lieux habituels pour deux raisons. La première est liée au fait que la nouvelle génération de “drogués” se procure les psychotropes et les consomme à la maison. La seconde raison est qu’en cette période de l’année, la brigade traite davantage les affaires de fugue à cause des bulletins scolaires. Lors de notre tournée, la commissaire de police n’a pas caché son désarroi. “Où avons-nous failli ?”, s’interroge-t-elle. “Les jeunes d’aujourd’hui ont une meilleure vie. La majorité des parents travaille et les enfants ne manquent de rien. Je ne comprends pas comment un tel fléau a pu s’enraciner dans notre société”, ajoute-t-elle. “Quand nous avons une jeune victime de ce poison, nous faisons notre possible pour qu’elle n’ait pas un casier judiciaire”, reconnaît-elle. Mme Derari admet que pour la brigade qu’elle chapeaute, l’essentiel est d’abord de préserver l’avenir de ces enfants. “Lorsqu’un mineur tombe dans la drogue et qu’il est répertorié dans les fichiers de la police, c’est pour la vie. Il peut payer lourdement une erreur de jeunesse”, explique-t-elle.

D. S.



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