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A la une / Dossier

VIRÉE CHEZ LES CONCESSIONNAIRES DANS LE GRAND ALGER

Colère et inquiétude dans les showrooms

Dans les showrooms, les clients sont en nombre très réduit. ©Ryad Kramdi/Liberté

Ils sont loin les jours où les clients se bousculaient au portillon des concessionnaires automobiles. La décision du gouvernement de geler les importations des véhicules neufs s’est traduite par une forte baisse de l’offre, voire une “pénurie” aux conséquences éprouvantes pour le client et le concessionnaire. Point de situation.

Dimanche, 17 janvier 2016. Il est 11h quand nous pénétrons dans l’enceinte  du showroom d’une marque automobile européenne. Celui qui se propose de nous faire le topo est un jeune commercial chargé de prendre des commandes : “Depuis plus de trois mois, nous vivons au jour le jour. C’est délicat. Nous recevons très peu de clients chez nous. La pénurie s’est généralisée à partir du mois de janvier 2015. On a honte d’affronter les clients qui viennent acheter  un véhicule”. Dehors un client, pourtant bien pris en charge, se plaint. “C’est la quatrième fois que je viens dans ce showroom. Chaque fois, on m’explique que je serai servi en fonction des arrivages et de la disponibilité des voitures. Qu’on nous dise d’aller chercher ailleurs. Je sais que ces jeunes commerciaux ne sont pour rien dans cette histoire de pénurie, mais le fait est là. Je n’arrive pas à passer une commande car ils n’ont pas un échéancier qui pourrait leur permettre de s’engager avec leurs clients. C’est du jamais vu !”
À la question de connaître l’évolution pour les jours à venir, un directeur de sites de ventes s’interroge : “Pourquoi le gouvernement a laissé l’anarchie sévir et a attendu autant d’années pour tenter d’assainir un marché en ébullition ? Si le gouvernement veut fermer des représentations de marques automobiles, il n’a qu’à procéder à la sélection des concessionnaires sérieux et qui contribuent à la création des richesses et des emplois. On a l’impression qu’on a mis toutes les marques dans le même sac pour justifier des démarches sans lendemain. Je suis prêt à parier que beaucoup de concessionnaires n’auront pas leurs licences d’importation. Certes, nous serons sanctionnés, mais le client le sera davantage. N’oubliez pas aussi les emplois qui sont menacés !”
Scène similaire à Ben Aknoun où une poignée de clients attendent des explications sur l’arrivage des voitures et leur livraison. Venu de Hassi-Messaoud, un client, visiblement irrité témoigne : “J’ai passé ma commande au mois de décembre dernier. On m’a bien signifié que mon véhicule sera prêt avant le 15 janvier. Avant de venir, j’ai appelé l’agent commercial qui ne décrochait pas. J’ai laissé mon travail et j’ai pris le vol de samedi. Et voilà qu’on m’annonce que mon véhicule ne sera pas prêt avant début février à cause de la conversion des cartes grises !”

Outre la pénurie, la hausse des prix
À l’intérieur du showroom de cette représentation asiatique, un autre client tempête : “En plus de la pénurie, on nous annonce des prix exorbitants. Je ne trouve pas d’explication.  Comment peut-on  s’offrir une citadine pour deux millions de dinars alors qu’elle était au prix de 1,4 million de dinars. Je suis obligé d’aller au marché d’El-Harrach ou de Tidjelabine. On veut s’attaquer à l’informel et en même temps on encourage les consommateurs à le développer. Sincèrement, le gouvernement ne sait plus sur quel pied danser”.
Dans un showroom situé sur l’autoroute de Zéralda, où nous avons visité un autre représentant d’une marque européenne, il y avait à peine quatre prototypes de voitures. Inquiets, les jeunes commerciaux ne trouvent pas d’explication à cet état de fait. “C’est une nouvelle situation que nous vivons. On doit s’adapter. Mais il est très difficile d’affronter  nos clients, notamment les clients fidèles”, estime un jeune commercial. Sur le parking de ce concessionnaire, une dame peine à retenir sa colère : “Je n’achèterai pas un autre modèle. Quitte à attendre une année ! Si le gouvernement veut sanctionner les importateurs, il n’a qu’à s’attaquer à ceux qui nous fourguent des produits dangereux pour la santé publique ou encore des chewing-gums et des kiwis. La voiture est une nécessité chez nous. Le gouvernement a fait le contraire de ce qui devait se faire. Au lieu de développer l’industrie, d’abord, et de réduire, ensuite les importations, le gouvernement a pris un raccourci au nom de l’austérité”, clame-t-elle. Dans la zone industrielle d’Oued Smar, un client en veut à un jeune commercial. “Où est ma voiture ? Je veux être livré immédiatement ! J’ai payé cash et je suis à trois mois d’attente alors que je devais être livré avant fin novembre 2015 !”, se plaint-il. Chez ce concessionnaire chinois, un autre client s’interroge : “Pourquoi augmenter les tarifs ? Pourquoi sanctionner les clients ? Ils ne sont pas les seuls à faire dans la publicité mensongère. Aujourd’hui, ils veulent que le client devienne économiste et banquier pour savoir que c’est la dévaluation du dinar. C’est faux ! Ces voitures ont été importées en septembre 2015, donc c’est un abus. Tout ce qui concerne ces gens-là, c’est la marge bénéficiaire. Dommage que le client algérien est méprisé à ce point-là.”

F. B.


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