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A la une / Dossier

Programme des énergies renouvelables

Du leurre au discrédit

En matière de crédibilité de l’Algérie sur la scène internationale, il y a des actes que des trésors de diplomatie ne peuvent réparer. L’histoire du programme de promotion des énergies renouvelables est l’un d’eux. L’annonce du P-DG de Sonelgaz, Noreddine Bouterfa, que le programme des énergies renouvelables (ENR) adopté en Conseil des ministres sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika est une utopie technologique d’installer 22 gigawatts d’électricité verte à l’horizon 2035, n’a pas surpris ceux qui ont suivi de près ce dossier. L’absence de débat qui a présidé à l’adoption de ce plan par l’exclusion pure et simple des voix discordantes a laissé place au bricolage et aux annonces populistes. Mais le problème n’est pas seulement là. Le volet atténuation des gaz à effet de serre (GES) dans la contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) de l’Algérie à la COP 21 à Paris, en décembre dernier, se base précisément sur ce  fameux “vrai faux” plan  des  ENR à l’horizon 2030. En effet, on lit dans cette CPDN : “Lors de sa réunion du 24 mai 2015, le Conseil des ministres, sous la présidence de Son Excellence le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a adopté l’actualisation du programme national des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique… Ce programme vise, à terme, d’atteindre 27% de la production nationale d’électricité grâce aux énergies renouvelables.” Selon des médias, l’Algérie a été même félicitée pour cette contribution.

Pourquoi en est-on arrivé là ?
Nous avons déjà eu l’occasion (Liberté du 21 janvier 2016) de souligner qu’un programme aussi ambitieux est tributaire du déploiement d’une stratégie qui ne laisse pas la place à des généralités. Nos faiblesses sont connues, le pays n’a pas accumulé une expérience dans le domaine et ne dispose pas d’une base industrielle suffisante. Deux autres postures adoptées dans le cadre de ce plan posent des interrogations sur la crédibilité des objectifs affichés.
La première est le choix de financer sur fonds publics un tel programme en comptant probablement sur la durée d’une aisance financière grâce à un baril de pétrole, un temps, au-dessus de 100 dollars. La deuxième est l’option photovoltaïque quasi exclusive alors que d’éminents experts nationaux et étrangers ont plaidé pour booster l’option solaire thermique et hybride. L’ancien président de l’Agence nationale des changements climatiques (ANCC), feu Kara, s’était démené, des années durant, pour un tel choix. En vain.
M. Bouterfa ne dit pas autre chose en enchaînant : “Sonelgaz est disposée à apporter tout son concours pour la réussite de ce programme pour autant que soit résolue la question du financement et que sa durabilité soit assurée par le génie des Algériens et non pas par celui de l’importation des équipements de conversion”, avant de situer les limites réalistes d’un plan de production d’électricité verte en mobilisant “tout le génie algérien” d’ici à 2035, soit
“7 000 mégawatts en CSP (concentré thermique) et 8 000 autres en photovoltaïque”.
Il estime à 10%, dans le meilleur des cas, soit avec “l’intégration de toute la chaîne du renouvelable en Algérie”, le taux de couverture de la demande d’électricité nationale par l’électricité verte, et dans les 20 prochaines années.
On est loin des 27% annoncés (22 000 MG). Notons tout de même qu’en plus de la réduction de l’objectif, le premier responsable de la compagnie nationale d’électricité et de gaz situe l’horizon à 2035 au lieu de l’échéance de 2030 prévue dans le plan du gouvernement !

Dans une récente conférence, Ahmed Djoghlaf, co-président du comité de négociation de la COP21 et actuel conseiller au ministère des Affaires étrangères, déclarait que l’Algérie doit tirer profit des opportunités qu’offre l’accord de Paris, et insistait notamment sur le fait que “l’Algérie doit prendre le leadership en réorientant vers l’Afrique sa coopération dans le domaine des ENR car les prévisions d'investissement dans le monde dépasseront 1 000 milliards de dollars en 2020, date d’entrée en vigueur de cet accord”.
Mais les doutes sont permis quant à la volonté réelle des autorités algériennes de vouloir privilégier les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ? Ce n’est certainement pas le Fonds vert pour le climat, ou d’autres partenaires étrangers auxquels on a tenté de vendre un projet ambitieux qui s’avèrent “une utopie”.

Une improvisation qui risque d’être coûteuse.
Le drame pour notre économie et pour la protection de l’environnement est que les autres mesures de ce plan d’atténuation transmis au secrétariat de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) lors de cette CoP21 ne vont pas de soi. Le programme de généralisation de la mise en œuvre de l’efficacité énergétique dans les infrastructures et habitations, à travers l’isolation thermique de 100 000 habitations/an et l’équipement de près de 50 000 véhicules/an en gaz de pétrole liquéfié (GPL) ne sont, au mieux, que des opérations-pilotes, voire ponctuelles. Ce flop brouille la visibilité dans un domaine aussi stratégique. La décision adoptée lors de la CoP21, à l’incitative de l’Algérie, d’organiser un forum africain des énergies renouvelables qui devrait se tenir dans une ville du sud du pays avec la participation de chefs d'État africains, de représentants de la communauté scientifique et de directeurs de compagnies internationales spécialisées dans le renouvelable, risque de perdre de son importance.
La crédibilité est une condition incontournable pour espérer constituer “une rampe de lancement pour la dissémination des bonnes pratiques et la présentation des dernières innovations techniques et technologiques”, selon les termes d’Abdelmalek Sellal.
Une chose est sûre, la vision que nous avons de l’Afrique doit au moins intégrer les solutions décentralisées dans lesquelles des start-up allemandes investissent déjà avec succès ou des initiatives majeures telles que celles de la Fondation Borlo ou de l’Africa Progress Panel (APP), ONG présidée par l’ancien secrétaire général des Nations unies, Koffi Annan, qui sont opérationnelles.


R. S.


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