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A la une / Dossier

Le cortège funèbre marque une halte au rond-point de Tizi Ouzou

En souvenir du 29 septembre 1963

Aït Ahmed a eu les honneurs du peuple. © Yahia Magha/Liberté

Très tôt, ce lieu emblématique de la ville de Tizi Ouzou est envahi par une foule imposante pour saluer le cortège avec des slogans du parti et les youyous des femmes.

Ce timide soleil du nouvel an commençait à peine à irriguer les hauteurs d’Alger de sa resplendissante lumière lorsque le cortège funèbre quitte une capitale encore endormie pour cet ultime voyage de Hocine Aït Ahmed vers sa terre natale. Ath-Ahmed attendait son fils depuis plus d’une semaine, comme son premier retour en Algérie, en septembre 1989, après un quart de siècle d’un exil auquel il a été forcé en 1965. En ce 1er janvier 2016, Hocine Aït Ahmed a eu tous les honneurs d’un peuple qui, à sa manière, a su exprimer toute la reconnaissance envers celui qui demeurera un symbole dans la mémoire de la Révolution algérienne. Une gratitude qui s’est manifestée à travers ces longues files de personnes qui se sont levées tôt pour le saluer une dernière fois avant de le laisser rejoindre sa dernière demeure, tout près des siens. Des milliers de personnes ont voulu lui rendre un dernier hommage depuis son départ d’Alger jusqu’à son arrivée à Aïn El-Hammam, avec quelques heures de retard. Nécessaire halte de l’histoire, le cortège funèbre s’est arrêté à la grande place de Tizi Ouzou, où Hocine Aït Ahmed, l’opposant, avait annoncé la création du Front des forces socialistes un certain 29 septembre 1963. Il était
10 heures. Le temps était aussi au rappel d’un combat contre les nouveaux maîtres de cette Algérie fraîchement indépendante et aux promesses d’un lendemain qui s’inscrit dans la suite de ce qui était son idéal : un pays libre et démocratique. “Assa, azekka, FFS yella yella (aujourd’hui, demain, le FFS vivra, ndlr)”, scandaient les présents qui, parmi les militants et les sympathisants, attendaient presque impatients l’arrivée du cortège composé de plus d’une centaine de véhicules, escortés par le service d’ordre.
Une heure auparavant, le cortège avait traversé le centre-ville des Issers, provoquant un flot d’émotions chez des dizaines de personnes qui l’attendaient la main sur le cœur. Les magasins avaient baissé rideau en signe de deuil pendant le passage de l’ambulance transportant le cercueil du défunt. Il y avait des jeunes et des personnes âgées parmi elles Ammi Ahmed qui a connu en 1963 le chef historique de la Révolution. “C’est un grand homme qui aimait son pays par-dessus tout”, dira-t-il à l’adresse d’un groupe de jeunes. Le cortège a poursuivi sa route pour se diriger vers Naciria et là encore, des centaines de personnes étaient rassemblées au bord de l’autoroute pour rendre un dernier hommage à Aït Ahmed.
De nombreux jeunes, dont certains les larmes aux yeux, ont applaudi pendant plusieurs minutes le cortège funèbre qui s’est évanoui au milieu de cette brume matinale qui remonte de l’oued Sébaou au niveau de la plaine de Tadmaït. Aït Ahmed, l’Historique et le Politique n’a pas quitté Alger sans dire au revoir à quelques dizaines de personnes, venues le saluer à la place du 1er-Mai et à Belouizdad, mais aussi à Réghaïa et tout le long du trajet reliant la capitale à Tizi Ouzou où, dans son éternel sommeil, il continuera d’éveiller les consciences et fera croire encore au combat qu’il a mené soixante-dix ans durant pour son pays.


L. M.


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