A la une / Dossier

Oran

La mouhafadha opte pour la discipline

Si l’éjection déguisée d’Amar Saâdani du poste de secrétaire général du FLN a pu soulager des militants exaspérés par les sorties aussi tonitruantes qu’offensantes de leur leader depuis son installation en août 2013, la mouhafadha d’Oran, elle, a bien entendu conservé l’attitude de l’élève discipliné, qui se plie aux instructions de la hiérarchie. “Nous sommes reconnaissants à Amar Saïdani pour le travail qu’il a accompli en tant que SG et nous continuerons à militer pour le parti et le programme du président de la République”, a récité Mokhtar Dinar, mouhafedh d’Oran, dans une déclaration à Liberté.
Pour le responsable de la mouhafadha-mère (deux structures similaires se trouvent à Arzew et à Sénia), le changement à la tête du parti n’a pas altéré le FLN à Oran, qui continue de fonctionner le plus “normalement” du monde. “Nous avons un nouveau secrétaire général, mais notre programme n’a pas changé. Nous gardons toujours le cap tracé par le président de la République”, a-t-il encore assuré, en indiquant qu’une rencontre, qui aura probablement lieu la semaine prochaine, devrait réunir Djamel Ould Abbès et l’ensemble des mouhafedhs avec les élections législatives pour principal ordre du jour. À quatre mois des échéances électorales, un resserrage des rangs apparaît, en effet, comme un impératif après le passage dévastateur d’Amar Saâdani et les dégâts qu’il a laissés derrière lui.
Dans la rue oranaise, le coup de théâtre vécu samedi par le FLN ne constitue même pas un événement. Le fossé entre la population et la chose politique est tel que le dégommage de Saâdani (qui a quand même été à l’origine de nombreux scandales) a été beaucoup moins commenté que les matchs de football des championnats anglais et espagnols. “Les politiques sont tous les mêmes. Hier, c’était Belkhadem et Saâdani, aujourd’hui, c’est Ould Abbes. Ce sont toujours les mêmes dinosaures. Rien n’a changé et rien ne changera”, a estimé un Oranais, davantage préoccupé par les sombres perspectives économiques de 2017, portées par un inquiétant projet de loi de finances.
Le départ de Saâdani n’est, donc, un événement que pour le microcosme politique algérien qui se trouve loin, très loin des préoccupations des Algériens.

S. O. A.