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A la une / Dossier

hocine aït ahmed enterré hier dans son village natal

L'adieu du peuple

Une foule nombreuse est venue rendre un dernier hommage à Hocine Aït Ahmed. © Yahia Magha/Liberté

Journée mémorable, hier, au village Ath-Ahmed qui, en ce vendredi 1er janvier 2016, attendait de recevoir la dépouille mortelle de son illustre fils, Hocine Aït Ahmed.

Il est 8h30 et l’étendue des hautes montagnes  de la région d’Ath-Yahia ne porte pas tout ce monde venu rendre un dernier hommage à Dda L’Hocine. D’impressionnantes files humaines serpentent sur les deux chemins menant à Tissirth N’Cheikh. Ils sont des milliers. De la colline d’en face, surplombant la grande surface aménagée pour accueillir, dans un premier temps, la dépouille du défunt, une foule de jeunes gens scande : “Pouvoir assassin, Kabylie chouhada”. Des rumeurs parlent d’une imminente arrivée du Premier ministre Abdelmalek Sellal, du directeur de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, et du ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni. La foule s’enflamme. Elle jure de les chasser. Il est 10h30 et Dda Boussaâd prend la parole pour calmer les esprits : “Aujourd’hui, Hocine Aït Ahmed libère le pays pour une seconde fois. Jeunesse, vous êtes l’avenir du pays. Vous êtes tous des Hocine Aït Ahmed. Donnons-leur une leçon de pacifisme. Montrons-leur que nous sommes contre la violence.” Des propos qui seront suivis d’une prière que seule une partie des présents, récite derrière  lui. Mais l’autre partie, majoritairement  des  jeunes,  attend. Ils commencent  à  scander  haut  et fort : “Imazighen, Imazighen.” Dda Boussaâd revient à la charge pour supplier la foule de serrer les rangs et d’accueillir la dépouille de Dda L’Hocine dans le calme. “Faites-lui honneur”, lance-t-il à nouveau. Il est 11h30. La dépouille arrive à bord d’une ambulance. Dda Boussaâd demande vainement aux gens de céder le passage. Les éléments de la Protection civile ont du mal à se frayer un chemin pour déposer le cercueil sous le petit chapiteau, au milieu d’un terrain vague. Une fois la dépouille posée, impossible de contenir la foule. Des milliers de jeunes gens brisent les barrières et les cordons sécuritaires pour se placer autour du cercueil. Ils se marchent sur les pieds. Des personnes âgées étouffent. Un jeune homme est carrément évanoui. La Protection civile a vite fait de l’évacuer. Il est midi et les gens continuent à jouer des coudes pour se rapprocher du cercueil et se recueillir sur la dépouille de Dda L’Hocine. L’imam entame la récitation de la Fatiha. À peine une petite minorité récite derrière lui. Cela fait déjà une demi-heure que le cousin de Hocine Aït Ahmed demande à la foule d’observer une minute de silence. Elle sera difficilement observée. Tout le monde ne l’a pas toutefois respectée. L’imam lance ensuite l’appel à la prière alors que l’horloge affiche 12h15. Un moment après, la petite famille du défunt révolutionnaire quitte les lieux pour se rendre à son hameau natal. La dépouille sera transportée à Ath-Ahmed. Encore une fois, difficilement. La famille Aït Ahmed pensait enfin être soulagée. Mais voilà que la foule brise à nouveau les cordons sécuritaires empêchant l’accès au village. Les consignes n’ont hélas pas été respectées. Des milliers de personnes marchent derrière l’ambulance transportant la dépouille de Dda L’Ho. Ils scandent sans arrêt “Assa, Azekka, Dda L’Hocine Yella Yella”, (aujourd’hui et demain, Dda L’Hocine est là). Il est 14h passées. Hocine Aït Ahmed est enterré dans la tombe de sa mère. Il peut désormais reposer en paix. La foule refuse toujours de quitter les lieux. C’est à croire qu’ils espèrent une résurrection !


M. M.

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