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La méditerranée occidentale au cœur d’un ouvrage collectif

L’autre versant des migrants

© D. R.

Les vagues de migrants qui font l’actualité depuis plusieurs semaines viennent confirmer une réalité : la Méditerranée est devenue une véritable frontière et non plus “un point de contact”.

C’est une situation engendrée par plusieurs paramètres, s’accumulant depuis plusieurs années, et, dont le plus important reste les bouleversements survenus depuis 2011 avec le Printemps arabe. Des désordres qui viennent apporter une autre vision à toute approche concernant l’espace méditerranéen. Une réalité du terrain sur laquelle se sont penchés plusieurs universitaires, algériens et européens, dans un livre collectif :
La sécurité en Méditerranée occidentale (avec en sous-titre “Face aux bouleversements au Maghreb et au Sahara”).
Cet ouvrage de 122 pages (éditions L’Harmattan, mai 2015) a été publié sous la direction de deux universitaires algériens installés en France : Abdennour Benantar, maître de conférences, à l’université Paris 8, et Salim Chena, chercheur associé au centre de recherches pluridisciplinaires et comparatistes LAM (Les Afriques dans le Monde, Sciences-Po Bordeaux /CNRS).
L’un des objectifs de cette publication est de dépasser les débats entre spécialistes ou universitaires, pour aborder les problématiques politiques et sécuritaires de la Méditerranée occidentale et sa périphérie saharo-sahélienne. L’ouvrage est d’autant d’actualité qu’il a abordé des sujets sensibles sans se noyer dans un lexique “pompeux”, loin des préoccupations du citoyen lambda. Certes ce n’est pas un “les fluctuations entre les deux rives de la Méditerranée occidentale pour les nuls”, mais l’approche est des plus intéressantes. Salim Chena a pris “de face” la problématique avec son texte  intitulé Migrations en Méditerranée : des politiques à contre-courant.
Le chercheur, auteur d’une thèse en 2011 et dont le titre était “Réification, exil et nation ; Sociopolitique des migrations irrégulières vers et depuis l’Algérie”, s’est longuement penché sur les déplacements entre les deux rives et également au sein même de la rive sud de la mer. “Les migrations contemporaines en Méditerranée se trouvent prises en étau : entre des capacités à se mouvoir accrues et des régimes migratoires particulièrement restrictifs ; entre des individus de plus en plus mobiles et des sociétés de plus en plus repliées sur elles-mêmes” indique, entre autres,  le chercheur pour établir un constat loin d’être reluisant. La migration subsaharienne au Maghreb a été également abordée par Salim Chena. Il mettra en exergue les relations conflictuelles, “sous l’effet de la criminalisation et de la xénophobie” entre les migrants et les sociétés locales. Une situation qui est due, ou qui a engendré, toujours selon l’auteur, la transformation des pays du Maghreb en des “États gendarmes” qu’il compare à l’Italie et à l’Espagne “d’il y a une vingtaine d’années” et qui “instrumentalisent leur position de pays du Sud face au voisin européen, plus riche et développé”.
Un rôle voulu par l’UE (Union européenne)  qui espère ainsi déplacer ses frontières extérieures vers la Méditerranée et le Sahara avec une approche sécuritaire tous azimuts.  Pour cela, en plus des dispositifs judiciaires, Salim Chena est revenu sur la stratégie de contrôle aux frontières avec l’utilisation des nouvelles technologies.
Une approche analogue à des conceptions pénitentiaires d’où l’intertitre sous forme de question choisi par le chercheur “Au delà de l’externalisation : vers des frontières panoptiques mobiles ?”. Toutefois, l’armada de lois répressives n’a pas empêché l’existence de ces milliers de migrants. Pour Salim Chena, le constat est clair : “Accompagner les nouvelles formes prises par les mobilités humaines est une condition indispensable au respect des droits des migrants mais aussi à la maximisation de leurs apports économiques et culturels” précise-t-il. Les autres textes de ce livre collectif sont tout aussi “pointus” et pédagogiques. Les auteurs ont abordé la problématique de la Méditerranée chacun sous un angle différent.
Ainsi le duo français, Bérangère Rouppert (doctorante en science politique, université d’Auvergne, Clermont-Ferrand) et Antonin Tisseron (chercheur associé, institut Thomas More)  ont choisi l’axe “De la Méditerranée au Sahel : la sécurité d’abord”. De son côté, Aomar Baghzouz (professeur, université de Tizi Ouzou) s’est penché sur les “Politiques maghrébines de l’Europe à l’épreuve des printemps arabes”, alors que Louisa Dris-Aït Hamadouche (maître de conférences, université Alger 3) s’est étalée sur l’”Impact des Printemps arabes sur les relations intermaghrébines : résilience du non-Maghreb”.
Abdenour Benantar a été l’auteur du texte intitulé “L’initiative 5+5 Défense : état des lieux”. L’ouvrage peut être considéré comme un véritable repère pour toute personne voulant comprendre l’état des lieux dans la région et surtout les prochaines décisions que chaque pays de la région devra prendre en vue de “rétablir l’ordre”. Sa lecture devrait également entrer dans toute approche géostratégique, à court, à moyen et à long terme.


S. K.



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