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A la une / Dossier

Constantine

Le Vieux … Rocher qui n’aime pas les aînés

Constantine, ce vieux rocher avec ses vieux ponts, sa médina et ses grottes aussi vieilles que l’histoire de l’humanité, n’aime pas les aînés. Comme pour conjurer son propre sort, il leur rend la vie dure, à travers aussi bien son relief, ses équipements que ses commodités.
Et pourtant, la ville compte au moins 13% de personnes âgées de 60 ans et plus parmi sa population. Un chiffre appelé à tripler d’ici l’horizon 2040. Mieux, la ville comptait déjà en 2009 quelque 1070 centenaires soit 2,22% de la population avec comme, pour l’ensemble des plus de 60 ans, une prédominance des femmes sur les hommes. À Constantine, il y a 54% de femmes de plus de 60 ans contre 46% d’hommes. Plus de la moitié de ces aînés, nés entre 1880 et 1910, habitent le centre ville. Ils préfèrent continuer à habiter, souvent dans des conditions précaires, le centre ville que d’aller s’installer dans les nouvelles cités éparpillées autour de la ville. Pourtant, ce ne sont pas les occasions de leurs délocalisation qui manquent dans une cité où le relogement bat son plein depuis plus d’une décennie.
Ces aînés constantinois, s’ils se disent satisfaits de leurs conditions d’hébergement et de leur voisinage, ils pensent que la ville, dans son ensemble, est loin de répondre à leurs attentes. Pour essayer de disséquer ces appréhensions, une étude flash des caractéristiques du centre de la ville de Constantine, selon la grille d’analyse de l’OMS, a été réalisée par l’universitaire Youcef Saïghi, lui-même un ainé issu de la zone. L’étude retient 8 caractéristiques : le type d’habitat, la pente du site, la mobilité mécanique, la mobilité piétonne et trottoirs, les jardins-parcs, les espaces libres, le transport public et les équipements. Ces caractéristiques sont rapportées au centre de la ville de Constantine subdivisé en 8 quartiers. Ces dernières sont la Médina haute, la Medina basse, la Brèche, le Coudiat1, le Coudiat 2, St Jean, St Antoine et Bellevue. Des appréciations de type : nul, difficile, dense, … sont données à chaque situation. En croisant les 8 quartiers aux 8 caractéristiques, on découvre, à titre d’exemple, que le siège de la CNR, la caisse de retraite, est implanté à Bellevue. Un quartier où les transports publics sont nuls, où la mobilité piétonne sur trottoirs est difficile, où la mobilité automobile est très dense et où le site épouse une pente. Toujours dans le centre ville, alors que l’essentiel des équipements est concentré à la Medina haute, la Brèche, le Coudiat1 et le Coudiat2, ces 4 parties de la ville restent hostiles aux aînés. Une hostilité qui se manifeste à travers les éléments suivants : pour la Medina haute, le transport public est nul, les jardins -- parcs et espaces libres-- sont nuls. Le transport public l’est aussi et, malgré un relief plat, la mobilité piétonne sur trottoirs reste difficile.  Dans les deux quartiers, soit le Coudiat 1 et 2, où la mobilité piétonne sur trottoir est bonne et où la pente est plate, on relève l’inexistence des transports publics ainsi que des jardins-parcs et espaces libres.
Ce dysfonctionnement ne date pas d’hier. Il est aussi lourd que l’histoire contemporaine du centre de la ville avec ses habitats traditionnels ainsi que ceux de type colonial qu’il soit individuel ou collectif. Sur un autre chapitre, les concepteurs des plans de circulation de la ville de Constantine, qui reconduisent, avec chaque nouvelle mouture, leurs échecs ne sont pas prêts à révolutionner leur façon de voir et d’agir afin de venir à bout des problèmes de la circulation motorisée et piétonne qui empoisonne la vie de tout Constantinois, quel que soit son sexe ou son âge. C’est d’ailleurs pourquoi 4 aînés sur 5 pensent que les transports publics, à Constantine, restent inadaptés à leurs situations. En effet, à Constantine, nous sommes toujours à l’ère des enquêtes de terrain qui nous donnent les motifs de l’utilisation par le citoyen des moyens de transport motorisés sans jamais se poser de questions sur la configuration de ces mêmes citoyens-usagers. Les questions auxquelles essaient de répondre les enquêtes menées sont celles relatives au pourquoi des déplacements sans sans jamais traiter la configuration de ceux qui se déplacent, leurs sexes, âges, conditions socioprofessionnelles. C’est dire que mettre l’usager, aîné y compris, dans les meilleures conditions de mobilité reste le dernier souci des politiques de transport locales.

M. K.


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