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A la une / Dossier

Ouverture officielle de la COP21

Les dirigeants de 195 États à Paris pour sauver la planète

Les recommandations de la COP21 risquent de tomber dans l’oreille d’un sourd. © AFP

La conférence doit aboutir à la signature d’un traité contraignant sur la réduction des gaz à effet de serre et la diminution du réchauffement climatique d’ici à 2100.

Barack Obama aurait peut-être mieux fait de choisir une voiture moins polluante pour rejoindre le Palais des expositions du Bourget où se tient depuis dimanche la Conférence de Paris sur le Climat (Conference Of The Parties, COP 21). Le chef de l’État américain est arrivé hier matin, pour l’ouverture officielle des travaux, à bord d’une Cadillac blindée. Ce bolide appelé The Beat
(la bête) pèse 7 tonnes à vide et consomme 63 litres aux 100 kilomètres. Pour des impératifs de sécurité, la voiture présidentielle est suivie par une autre de même type. Au total, le cortège de la délégation US comprend 45 véhicules arrivés de Washington dans un avion-cargo. Ce défilé de moteurs ronflants ne va certainement pas provoquer un pic de pollution, comme Paris en connaît souvent. Mais il paraît presque comme un outrage à l’esprit de la COP21, que la France a préparé avec soin, en endossant dans les moindres détails la cause écologique, y compris dans l’aménagement du centre de conférence. Une partie du site (de 18 hectares dont 80 000 mètres carrés de halls) est construite avec des matériaux bio-sourcées. La salle plénière en bois massif est démontable. Les déchets sont compostés et les sources de chaleur optimisées. Même l’eau utilisée par les participants sera recyclée.
 45 000 visiteurs dont 20 000 délégués de
195 pays ont continué à investir les lieux hier. Le président François Hollande, escorté par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et sa ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a passé toute la matinée à accueillir les chefs d’État et de gouvernement étrangers. Les plus en vue ont foulé les premiers le tapis rouge. Ils représentent les pays les plus forts de la planète, les plus développés, les plus polluants et les moins disposés à faire des concessions en faveur du climat. Prudent, Laurent Fabius, président de la COP21 et ministre français des Affaires étrangères, sait qu’il sera difficile de faire fléchir les puissants au bout de 12 jours de négociations. “Le succès n’est pas encore acquis”, a-t-il admis à l’ouverture de la conférence. Néanmoins, il a estimé que “l'enjeu est beaucoup trop important et la menace climatique beaucoup trop grande pour que - les États - puissent se contenter d'un accord minimal”. Dans son discours d’ouverture,
M. Hollande a appelé à une prise de conscience immédiate. “Les bons sentiments, les déclarations d'intention ne suffiront pas. Paris doit être le départ d'une profonde mutation. Nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire pourvoyeur de ressources. Nous sommes au pied du mur. Ce mur est construit sur l'indifférence, l'insouciance, l’impuissance. Ce mur n’est pas infranchissable, il dépend de nous. Il s'agit de décider ici à Paris de l'avenir même de la planète”, a affirmé le chef de l’État français sur un ton grave.
Il est à craindre, cependant, que ses recommandations ne tombent dans l’oreille d’un sourd. Les États-Unis ont déjà annoncé la couleur, en écartant l’éventualité d’un accord important. “Ce ne sera certainement pas un traité (…) Il n’y aura pas d’objectifs de réduction - de gaz à effet de serre - juridiquement contraignants”, a annoncé le secrétaire d’État aux affaires étrangères, John Kerry, quelques semaines avant la tenue de la Conférence de Paris. À la tribune, hier, le président Obama s’est employé à faire bonne figure en énumérant les actions qu’il a engagées en faveur de la protection de l’environnement. “Je suis bien conscient que nous sommes en partie à l’origine de ce problème et qu’il est de notre responsabilité d’y remédier”, a-t-il souligné, même si on lui reproche outre-Atlantique d’appliquer une politique ambivalente sur le sujet, en continuant, par exemple, à fournir des autorisations de forages aux groupes pétroliers. La même ambiguïté caractérise les Chinois, qui représentent la deuxième économie mondiale et le premier polluant de la planète. Pékin promet d’inverser la tendance d’ici à 2030. Mais pour le moment, sa machine industrielle continue à tourner à plein régime. Le même constat s’applique à l’Inde qui n’entend guère transiger, en compromettant sa croissance. Comme beaucoup de pays émergents, elle réclame l’application d’une justice climatique qui doit conduire les États développés à aider ceux qui le sont moins dans l’essor des énergies renouvelables. Cette aide est impérative d’autant plus que le réchauffement climatique cible surtout les pays les plus pauvres.
Des États insulaires comme les Philippines ou le Bangladesh sont exposés à la montée des eaux. En même temps, ils n’ont pas assez de ressources pour “décarboner” leur industrie. Au Bourget, l’ONU et la France ont voulu placer la barre très haut, en fixant à
1,5 degré Celsius d’ici à 2100, le seuil tolérable de réchauffement. “Le plus grand danger, ce n'est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, c'est qu'il soit trop bas et que nous l'atteignions”, a précisé le président Hollande. Pour sa part, Ban Ki-moon a demandé la signature d’un “accord durable” et la mise en place d’un “projet à long terme”. Des négociations tendues ont précédé pendant des mois la tenue de la COP21. La dernière conférence tenue à Lima l’année dernière n’a pas abouti à des résultats concrets. Régulièrement, les experts lancent des alertes. Le cinquième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) paru en 2014, prévoit une hausse des températures de 0,3 à 4,8°C d’ici à 2100. Les organisations écologiques font également écho de manière continue des risques majeurs des gaz à effet de serre sur la planète. Mais beaucoup craignent que la COP21, comme les éditions précédentes, soit un coup d’épée dans l’eau, un show diplomatique et médiatique où les responsables de la pollution climatique ne prendront aucun engagement.

Sellal exprimera la position de l’Algérie aujourd’hui
Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, est arrivé dimanche soir à Paris pour prendre part à la COP21 en compagnie de MM. Ramtane Lamamra et Abdelouahab Nouri, respectivement ministres des Affaires étrangères et des Ressources en eau et de l’Environnement. Il interviendra aujourd’hui à la tribune de la salle plénière du Bourget pour exprimer la position algérienne en matière de lutte contre les changements climatiques. L’Algérie, à l’instar de ses voisins africains et des pays en voie de développement, aspire à la signature d’un accord équitable et différencié qui vise à la fois à cibler les responsabilités en matière de réchauffement climatique et à prendre en compte les besoins de développement des pays moins avancés en les aidant à accéder aux énergies renouvelables.
“L’Algérie apportera toute sa contribution pour assurer le succès de cette conférence et parvenir à un accord équitable entre les engagements des pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et les besoins dictés par leurs objectifs de développement”, a déclaré M Lamamra à la presse. De son côté, M. Nouri a affirmé que l’Algérie exposera les actions réalisées en matière de lutte contre le réchauffement climatique, des efforts qui sollicitent, selon lui, un appui international en matière de financement, de formation et de transfert des technologies.


S. L.-K.

 


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