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A la une / Dossier

Abuazoum Al-Afi, Universitaire et activiste de la société civile à Sebha, à “Liberté”

“Les rivalités politiques ont freiné notre élan”

Dans un pays, déjà miné par les rivalités tribales et des luttes politiques souvent personnelles, le rôle de la société civile est quasiment réduit à son aspect social. Professeur d’économie à l’université de Sebha et militant associatif très actif dans la capitale du sud libyen, Abuazoum Al-Afi explique à Liberté comment la société civile s’est retrouvée hors jeu au lendemain des élections locales de 2014 qui ont été marqué par un retour à la violence armées dans tous le pays.

Liberté : Pourriez-vous nous éclairer sur le rôle de la société en Libye dans ce contexte de crise politique difficile et d’insécurité grandissante ?
Abuazoum Al-Afi : Si on évoque la société civile, on peut commencer par la qualifier de composante récente dans sa forme actuelle, même si elle était active depuis des lustres à travers le territoire libyen. Seulement, à Sebha (Sud), son mouvement et action se sont accentués depuis 2011, date à laquelle de nombreuses institutions et associations de la société civiles ont vu le jour. Au départ, leur mission était concentrée sur l’action sociale et l’aide des blessés des violences armées. A partir de 2012, ces associations se sont tournées particulièrement vers le travail de sensibilisation de la société pour l’inciter à participer massivement aux élections qui ont lieu. D’ailleurs, nous avons également participé à l’organisation de ces élections.
Par la suite, nous nous sommes engagés dans un processus de formation de groupements d’associations pour défendre des questions d’ordre national, plutôt que se limiter au plan local, comme rendre efficace l’armée et la police, se mettre contre l’ingérence étrangère. Et en dernier lieu, après les élections locales (de novembre 2014, ndlr), d’autres organisations spécialisées sont nées, comme l’Association libyenne pour les sondages, l’Association libyenne pour le développement des villes et des communes, qui s’intéresse de près aux affaires locales, etc., mais depuis l’apparition de divisions politiques fin 2014, l’activité de ces associations s’est fléchie.
La majorité de ces associations ont subi le même problème de division, arrêtant quasiment leurs activités, en raison de l’alignement de leurs membres influents avec l’une ou l’autre partie qui se disputent le pouvoir à Tripoli ou à Benghazi et à Tobrouk.
Dès le départ, certaines organisations avaient une orientation politique précise, mais d’autres ont choisi la neutralité politique. Mais cela ne les a pas protégées contre les pressions.
Quelle est justement la place de Sebha, en tant que grande ville du Sud libyen, sur l’échiquier politico-sécuritaire en Libye ?
En réalité, la place de la ville de Sebha, ou d’une manière générale, le rôle du Sud libyen dans le développement politique du pays est quasiment nul, dans le contexte actuel. Cela est dû au rôle de l’élite politique, aussi bien sur le plan local que national.
Cette élite a subi les mêmes travers et divisions qui minent la classe politique libyenne dans sa grande majorité. L’alignement des élus sur un camp ou un autre à Tripoli et à Tobrouk a beaucoup affaibli le rôle politique du sud de la Libye, et pas seulement de Sebha, en tant que capitale du sud du pays.
Les rivalités politiques ont freiné notre élan. Cela dit, la société civile, dont font partie les chefs de tribus, ont joué un rôle important dans la cessation des hostilités entre les partisans de Fajr Libya (coalition de milice qui dirige le gouvernement parallèle non reconnu de Tripoli depuis fin août 2014) et ceux du général Khalifa Haftar, le dirigeant de l’Opération Al-Karama (la dignité) dans l’est du pays.
 L’Assemblée locale de Sebha a affiché sa neutralité dans ce qui s’est passé à cette époque et ses membres se sont même rendus à Tripoli pour discuter avec le chef du gouvernement Abdellah Al-Theni, dans l’espoir de sortir le pays des rivalités individuelles.


L. M.

 


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