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A la une / Dossier

La dévaluation du dinar commence à se faire ressentir au quotidien

Où va l’argent des Algériens ?

© D. R.

L’Algérie doit casser sa tirelire pour continuer à importer le blé, la poudre de lait, la voiture, le médicament, le téléviseur, les équipements des usines, une partie de son carburant à la pompe, les services de conseil…

Avec le même dinar d’il y a un an, elle ne peut plus acheter sur les marchés extérieurs la même quantité de produits et de services. Pour certains produits, la surfacturation atteint les 30%. Pour acquérir une marchandise qui vaut 1 dollar US, l’Algérie doit débourser 106 DA au lieu de 70 DA comme cela a été, il y a une année de cela. Et sur le marché interne, les ménages commencent à sentir, eux aussi, cette perte de la valeur du dinar à travers une mercuriale toujours en hausse. Lors de cette rentrée, synonyme aussi de dépenses liées à l’entame de la nouvelle année scolaire, à l’arrivée à échéances de certaines factures ainsi qu’aux fêtes de l’Aïd El-Adha, l’Algérien constate qu’avec le même budget d’il y a une année, il ne peut espérer retourner chez lui avec la même quantité et qualité de marchandises et services.
La chute de la valeur du dinar n’est pas étrangère à cette situation plus que pénalisante pour les Algériens. Avec une économie quasi dépendante des importations, la perte du pouvoir d’achat du dinar par rapport aux devises étrangères, essentiellement le dollar, se répercute sur celle des ménages, en particulier, et de l’économie nationale en général.
Cette chute de la valeur du dinar algérien ne laisse pas indifférente l’opinion publique : politiques et spécialistes vont chacun de son analyse et commentaires.
Si pour les uns, cette chute de la valeur du dinar traduit la mauvaise passe dans laquelle se trouve l’économie nationale, pour d’autres, cela fait ressortir, aussi, une façon “subtile” des pouvoirs publics de jouer sur les écritures afin de donner une image d’un pays en bonne santé financière.
En l’espace d’une année, le prix du baril a perdu la moitié de sa valeur réduisant, presque dans la même proportion, les recettes en devises du pays desquelles dépend, à hauteur de 98%, le financement de son économie.                                                        Face à la diminution des ces recettes pétrolières, l’Algérie est obligée de puiser dans ses réserves de changes pour éponger les déficits. La diminution des réserves de changes est synonyme, pour le pays, de la perte d’un des moyens de “support fictif” de la valeur du dinar. Et ainsi, la dévaluation de ce dernier est devenue incontournable.

(Tableau 1 : Modèle simplifié et pédagogique des comptes de la BA).  

Pour les autres, la chute de la valeur du dinar est volontaire et découle d’un jeu d’écritures comptable visant à donner à la finance nationale une fausse-bonne santé afin de maintenir au vert les agrégats macroéconomiques malgré la réalité amère de l’économie du pays.
Selon ces derniers, en diminuant la valeur du dinar par rapport au dollar, on se crée une augmentation fictive des recettes de la fiscalité pétrolière, donc des recettes du pays.
On donne l’impression que les comptes ne sont pas aussi déséquilibrés qu’ils le sont et que le père de famille dispose toujours dans ses poches de quoi continuer à ramener le pain quotidien à ses enfants.


(Tableau 2 : Simulation pédagogique d’une dévaluation du dinar).
Cette dévaluation volontaire rend chers les produits importés, diminue leur compétitivité sur le marché interne, recule la demande des consommateurs, freine la sortie des devises, et partant, aide à limiter la saignée.       
                                           
En fin de compte, les deux avis convergent plus qu’ils ne divergent. Cette importante chute de la valeur du dinar est la résultante de la crise économique dans laquelle le pays s’enlise depuis le dernier trimestre de 2014. Le recours du gouvernement à cette dévaluation ne peut être considéré comme une simple tentative de maquillage du tableau du patrimoine de la Banque d’Algérie. Le gouvernement n’est pas dans la posture de faire des choix, car il n’en a pas d’autres que ce qu’il a déjà pris afin de limiter la casse. Construite en faisant fi de la vérité des prix, y compris celui du dinar, l’image de l’économie algérienne a de tout le temps était artificielle, elle n’est pas l’apanage de 2015.  


M. K.


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