Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Dossier

Timides réactions en Algérie après les révélations sur Bouchouareb

Quand les scandales ne choquent plus !

Le ministre de l’Industrie et des Mines Abdesselam Bouchouareb. ©Ammi Louiza/Archives Liberté

Les détournements et les affaires de corruption ont pris une telle dimension sous le règne d’Abdelaziz Bouteflika que l’implication aujourd’hui d’un ministre de la République en exercice, dans un scandale planétaire d’évasion fiscale, est perçue en Algérie comme un banal fait divers.
Le monde entier a été éclaboussé par l’affaire Panama Papers, mais pas Alger. Pendant que la justice indépendante enquête déjà dans plusieurs pays, alors que l’implication de politiques et de concitoyens n’est même pas encore avérée, en Algérie, un silence gênant est observé du côté des autorités publiques. Le fait n’est peut-être pas nouveau, puisque le pays a eu à enregistrer des scandales financiers dont les ramifications s’étendent à l’international.
L’attitude des officiels a été similaire, sinon pire. Mais le fait inquiétant est que l’Algérie se dirige dangereusement vers une totale banalisation de l’immoralité financière. Au point d’ailleurs que toute révélation sur des pratiques douteuses, engageant de hauts fonctionnaires de l’État, est perçue comme un simple fait divers. La multiplication des scandales de détournement et de corruption sous le règne d’Abdelaziz Bouteflika, et la suite donnée aux affaires Khalifa, autoroute Est-Ouest, Sontrach I et Sonatrach II ont eu un effet doublement néfaste sur la nation. En plus des pertes occasionnées au Trésor public, il y a eu perversion de l’opinion publique. L’impunité a fini d’achever chez les citoyens tout espoir de voir un jour justice faite, donc plus rien ne choque. L’effet pervers qu’a eu la normalisation de la pratique frauduleuse sur le citoyen est telle que tout est assimilé à “du déjà vu”. Les expressions allant dans ce sens sont, depuis, légion, et à chaque fois qu’une affaire scabreuse éclate au grand jour, les mêmes mots reviennent dans le vocabulaire des Algériens : “Normal, c’est rien, c’est seulement cela qu’on a volé ?…” Les
Algériens ont ainsi appris à rire et à tourner en dérision ce qui, autrefois, provoquait chez eux colère et indignation.
Une échappatoire imposée par la démarche sadique de voir le mis en cause libre et réhabilité, et le plaignant hors circuit ou carrément derrière les barreaux. En Islande, le Premier ministre, Sigmundur David Gunnlaugsson, a démissionné de ses fonctions sous la pression de la rue et de l’opposition, au lendemain de l’éclatement de l’affaire Panama Papers. Ayant effectué des placements offshore, et quand bien même il aurait cédé ses parts à son épouse, il lui est reproché d’avoir omis cette participation dans sa déclaration de patrimoine quand il a été élu député en 2009.
En Algérie, le ministre de l’Industrie et des Mines, toujours en exercice, Abdeslam Bouchouareb, a créé, de l’aveu du gérant de ses affaires, le Français Guy Feite, une société offshore “pour gérer son patrimoine immobilier en Algérie, qu’il voulait céder à ses enfants”. Selon la même source interviewée par TSA, “il voulait, par exemple, acheter un bien pour sa fille à Genève où elle travaille à Médecins sans frontières (MSF)”. Abdeslam Bouchouareb n’a pas jugé utile de s’expliquer en public, comme a eu à le faire le Premier ministre britannique, David Cameron, dont le père, Ian, est cité dans le scandale Panama Papers. La rue n’a pas protesté et l’opposition ne s’est pas encore exprimée, mis à part deux partis, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et Jil Jadid qui ont vivement réagi. Les pouvoirs publics observent, quant à eux, un silence à la limite honteux. Pendant ce temps, l’Algérie se perd dans une “normalisation” suicidaire !

M. M.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER
Commentaires
4 réactions
népourêtrelibre le 07/04/2016 à 13h57

Vous, journalistes, êtes en retard. Cela fait longtemps depuis que je sais que cela ne choque plus. Bien sûr, lorsque le pays est privé d'avoir un vrai peuple ce qui a donné d'ailleurs naissance à ces problèmes que nous vivons actuellement et ce depuis le putsch de 1962. Cela dit, moi qui ne suis rien mais pourvu de vision. La Belgique a été créé il y a 130 ans qui n'a ni pétrole ni gaz comparativement à l'Algérie. Impossible de construire un pays si celui-ci n'a pas de culture et de savoir.

népourêtrelibre le 07/04/2016 à 15h48

Algérie : le pays de Bouteflika, l'Algérie, n'est pas scandalisé par le scandale qui a scandalisé le monde entier!

Vrapatriotedz le 07/04/2016 à 16h54

VOUS ETES DU COMPLEXE DU COLONISE QUI EST INCURABLE CHEZ VOUS. TOUT CE QUI VIENT DE L'ETRANGER, VOUS LE PRENEZ POUR ARGENT COMPTANT COMME DES MOUTONS. "bouchouareb peut-il rester?" CERTAINNEMENT! PUISQU'IL N'EST PAS IMPLIQUE ET QU'IL N Y A AUCUNE PREUVE CONTRE LUI NI D'AUTRES PERSONNES. CE "panama pampers" EST UNE INVENTION DU SINISTRE GEORGES SORROS, CET INDU MILLIARDAIRE, SIONISTE NOTOIRE PROCHE DES NEOCON FINANCIER DES PSEUDOS ORGANISATIONS DE DROITS DE L'HOMME ET DES PSEUDOS PRINTEMPS ARABES

Vrapatriotedz le 07/04/2016 à 17h01

SI CE "PANAMA PAMPERS" ETAIT CREDIBLE, ELLE AURAIT CITE LES GROUPES DE LOBBYS BILDEBERG,MOSANTO ET LES RICHISSIMES MAFIEUX CRIMINELS KOUCHNER, SARKOZY, BUSH, BHL ETC. MAIS TOUT CE CONGLOMERAT EST EPARGNE ET A LA PLACE CE SONT LES VALEUREUX POUTINE, BACHAR ET BOUTEFLIKA QUI SONT CITES ALORS QU'ILS N'ONT AUCUNES TACHES NOIRES SUR LES MAINS.

Commentaires
4 réactions