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A la une / Dossier

Oran

Trop cher, l’animal !

Les prix du mouton, cette année, sont trop élevés. © Zehani/Archives Liberté

Si le mouton est disponible à souhait à l’ouest du pays, les prix affichés, en revanche, se situant dans une fourchette de 40 à 60 000 DA, sont dissuasifs, y compris dans les régions à vocation agropastorale comme Mascara et Tiaret.

“Nous n’avons pas pu les vendre, nous remballons !”, jette un marchand en hissant des moutons à l’arrière de son pick-up immatriculé à Oran. “Pourtant, on les propose à 37 000 DA !”, ajoute-t-il avec un sourire un peu désabusé. Après quelques heures passées au marché aux bestiaux d’El-Kerma, ce dernier samedi d’avant l’Aïd, l’homme repart bredouille, laissant derrière lui plus de marchands d’ovins que de consommateurs capables d’acheter le mouton du sacrifice. Il faut dire que les prix pratiqués défient l’entendement et selon la corpulence et la qualité de l’animal, le prix variait de
32 000 DA pour le mouton aussi maigre que le célèbre Shaun the sheep, la malice en moins, à 61 000 DA pour la pâle copie du bélier dont les cornes commencent à peine à s’épanouir. Et les marchands avaient beaucoup de mal à attirer le rare client. “Ici, c’est 44 000 DA la paire et 45 000 l’unité”, propose un vendeur à un potentiel client qui flatte les côtes d’un mouton avant de s’en aller quêter la bonne occasion. “Il faut bien chercher et bien négocier”, jubile un jeune homme en sortant du marché. “J’ai payé 46 000 DA un bélier qui doit sûrement en valoir 90 000”, assure-t-il. Ce qui suscite la moue dubitative d’un consommateur pour lequel la transaction semble impossible tant les marchands s’arc-boutent sur les tarifs et négocient âprement le moindre dinar. “Soit il est tombé sur l’occase du siècle, soit il s’est fait avoir !”, juge le consommateur.
Il est vrai que depuis que le mouton de l’Aïd a fait son apparition cette année, tout le monde crie à la flambée et à l’incapacité du pouvoir d’achat moyen de supporter les prix annoncés. “Là où tu vas, les prix sont incroyables”, déplore ce père de famille qui hésite entre le désir de se plier au commandement de l’islam, la crainte de mettre en péril le budget familial et le refus de se faire arnaquer. “Je ne veux pas non plus payer plus cher que le prix réel. Je détesterai me faire avoir”, assène-t-il convaincu que, par les temps qui courent, tout le monde cherche à arnaquer tout le monde. Pour lui comme pour la majorité des Oranais, la décision va être difficile à prendre même si beaucoup restent convaincus que les derniers jours avant la fête, il s’en trouvera qui préfèreront se débarrasser de leurs moutons à des prix raisonnables.
Pourtant, les prix cités précédemment ne sont pas les plus élevés au marché aux bestiaux d’El-Kerma. Jeudi dernier, dans l’un des hangars aménagés pour le négoce des bêtes, de respectables béliers étaient proposés entre 76 000 DA et 80 000 DA.
“C’est parce que celui-là est une Série 5 ?”, raillait un potentiel acheteur. “Non, une Audi !”, répliquait le vendeur du tac au tac. Là aussi, les négociations, aussi ardues que pour l’achat d’un véhicule dans le marché de voitures voisin, se terminèrent en eau de boudin, le consommateur estimant que la Série 5 était trop chère pour sa bourse, le marchand jugeant que son Audi méritait mieux que les 76 000 DA proposés. Hier, à El-Kerma, l’offre était plus forte que la demande, mais les prix n’ont pas baissé et beaucoup de vendeurs sont repartis avec leur marchandise invendue en espérant faire de meilleures affaires pendant les quatre jours qui nous séparent de l’Aïd. Ailleurs, dans les autres espaces de vente d’Oran, les prix ne sont pas, non plus, de nature à encourager les petites et moyennes bourses, et la plupart des potentiels acheteurs préfèrent attendre l’ultime journée pour tenter leur chance. “ça va être difficile autant pour les marchands qui ont beaucoup investi sur leurs moutons que pour les consommateurs qui sont frappés par la hausse généralisée des prix”, estime un observateur. La situation économique du pays est tellement confuse que, par crainte de lendemains difficiles, chacun essaie de conserver son pouvoir d’achat. En tout état de cause, cette année encore, par bien des aspects, le marché du mouton se déroule dans une grande anarchie et en violation des règlements.
Des espaces de ventes de cheptel sont improvisés un peu partout, y compris au bord des routes périphériques, et le foin s’invite même dans les quartiers résidentiels où, à n’en pas douter, il laissera des traces plusieurs jours après la fête de l’Aïd. “Chaque année, c’est la même chose. Les autorités locales promettent organisation et contrôle mais, au final, ce sont toujours les habitants qui font les frais de la désorganisation”, se plaint un citoyen, extrêmement remonté contre les marchands de cheptel qui ne se soucient ni de perturber la circulation automobile ni de la tranquillité des citoyens. “Il faudrait organiser, une bonne fois pour toutes, ce commerce par la désignation d’espaces de vente précis, et ne pas hésiter à sanctionner
les contrevenants à la loi”, préconise-t-il. Exactement ce que les autorités annoncent chaque année sans que cela se traduise sur le terrain…


S. O. A.

 


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