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“Migrants”, “clandestins”, “réfugiés politiques” ou de “guerre”

Une guerre sémantique qui ne cache pas l’ampleur du drame

Nul n’assume ses responsabilités face au drame des migrants. © D . R.

Certains les désignent par le terme “migrants” ou “clandestins”, tandis que d’autres les qualifient de “réfugiés politiques” ou de “guerre”. La guerre des concepts a donné lieu à une série d’articles et d’analyses, dans de nombreux journaux, après le débat lancé par la chaîne qatarie Al-Jazeera sur le sujet.
Pour la chaîne d’information continue à Doha, “le terme ‘migrants’ n’est plus approprié quand il faut décrire l’horreur se déroulant actuellement en Méditerranée”, rejetant, notamment, les propos jugés racistes et haineux envers ces milliers de personnes qui tentent par tous les moyens d’atteindre l’Europe, à la recherche d’une paix qu’ils n’arrivent plus à trouver chez eux.
Mais comme l’explique Kader Abderrahim dans son entretien à Liberté (voir page 16), les dirigeants européens sont les premiers à jouer sur la sémantique des mots, avant même les médias qui, au final, sont là à reprendre une terminologie et un discours qui disculpe les vrais responsables de cette crise et leur épargne de prendre leurs responsabilités face à l’une des pires tragédies de ce début du XXIe siècle.
Pour Peter Maurer, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), cette guerre sémantique n’a pas lieu d’être, car la gravité de la situation, jamais connue depuis la Seconde Guerre mondiale, nécessite plutôt des solutions politiques au risque d’assister à une aggravation des flux migratoires. “En tant qu’humanitaires, on ne peut plus fonctionner sur la base des catégories (migrants ou réfugiés politiques ou de guerre, clandestins), des boîtes dans lesquelles on veut mettre des gens qui sont des migrants qui doivent quitter leur pays”, a-t-il déclaré dans une vidéo sur Swissinfo.ch. “Nous nous focalisons de plus en plus sur les
vulnérabilités, nous essayons de voir quels sont les besoins de gens qui traversent des endroits impossibles, et de les soigner le plus possible”, a-t-il ajouté, estimant que “ce que nous constatons, là où nous sommes, dans les conflits en Syrie, en Afrique, au Proche-Orient, en Afghanistan, en Ukraine ou ailleurs, c’est que beaucoup de gens sont des déplacés internes. Le potentiel de déplacements ultérieurs est extrême”.
Donc, au lieu de se draper derrière des mots qui n’ont plus de sens face à l’urgence de la situation, Peter Maurer a affirmé que “si on ne trouve pas les solutions politiques pour régler ces conflits, malheureusement, je crains que nous ayons d’autres flux migratoires. Aujourd’hui, l’essentiel se passe dans les pays voisins des conflits, mais je crains que le potentiel soit beaucoup plus grand si les conflits s’accentuent”.


L. M.



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