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Foot / Dossiers sportifs

Quand la visite médicale est transformée en une parodie de tests

Benarmas : “Pourtant, comme un soldat, un joueur doit être apte…”

© D.R.

Chef de service à la polyclinique de Haï Dhaya (ex-Petit-Lac) et figure thérapeutique connue à Oran pour ses rôles successifs au Sporting de Médioni mais aussi et surtout au Mouloudia d’Oran où des générations de joueurs sont passées entre ses mains expertes, le docteur Amar Benarmas évoque, avec amertume et désolation, l’absence de véritable culture médicale au sein de nos clubs professionnels au point de réduire la pourtant sacro-sainte visite médicale à une simple parodie de tests superficiels.
“Pour rester dans le fil de l’actualité et comme pour mieux illustrer ce qui doit être vraiment fait, nous prendrons exemple sur ce qu’a fait Liverpool au moment d’engager le joueur égyptien Mohamed Salah. Avant de signer son contrat en présence du président et être ensuite présenter aux médias et aux supporters, la direction de son nouveau club lui a fait passer une batterie de tests. À commencer par un scanner général puis un bilan général. L’importance de la visite médicale est telle que les institutions les mieux organisées comme les différents corps constitués, l’armée en premier, en font une priorité avant même d’engager le moindre soldat. Et pas seulement pour combattre ou pour les besoins d’une quelconque guerre ! Mais même pour passer son service militaire, il faudrait que le moindre petit soldat soit apte ! Et, ma foi, un joueur est comme un soldat, il faut qu’il soit apte. Et cette aptitude ne peut être confirmée de la plus sérieuse et crédible des manières qu’à la faveur d’une visite médicale complète”, soulignera, en préambule, Amar Benarmas, avant de s’attarder, avec force détails, sur la triste réalité du terrain.
“Nous, on nous fait appel à la dernière minute. Comme les présidents et ceux qui gèrent les clubs sont, pour la plupart, incultes, presque aucune importance n’est accordée à ce volet médical pourtant névralgique. Dans les pays civilisés, des clubs ont même aménagé des hôpitaux dans les stades avec des blocs opératoires modernes et parfaitement équipés. Preuve en est : on connaît la nature de la blessure d’un joueur cinq minutes seulement après son évacuation sur civière ! Chez nous, la visite médicale qui doit déterminer avec exactitude l’aptitude du joueur à prendre part à la compétition officielle et à intégrer le haut niveau se fait d’une manière désolante et dans la précipitation totale, juste pour les besoins des licences. La tension artérielle, un certificat de toise et le poids ! Voilà en tout et pour tout une visite médicale avant l’entame de la saison et non pas avant la signature puisque les joueurs s’engagent sans passer au préalable entre les mains expertes des médecins”, dira ce membre fédéral.
 
“La réalité du terrain est terrifiante…”

 Et d’enchaîner : “Quant à l’ECG, il est fait en mode express et le cardiologue délivre juste un certificat médical. Ce certificat est établi en l’absence du médecin du club, tenu à carreau ! Il est, en quelque sorte, délivré par une tierce personne qui ne suit pas le joueur à longueur de saison. Ce qui est aberrant ! Surtout que si cela ne concernait que des blessures bénignes comme une entorse, un problème du ménisque et autres petits bobos, cela passerait. Mais, le fait de ne pas faire de vraies visites médicales peut engendrer la mort d’un joueur en raison d’une anomalie cardiaque ou d’une malformation qui aurait pu être décelées par ces tests.  Même au mercato, les joueurs ne sont pas astreints à de nouveaux contrôles. Pourtant, outre la pesée quotidienne, des tests sont obligatoires et nécessaires à chaque reprise hebdomadaire.”
Pour notre interlocuteur, “l’exemple le plus célèbre est celui du Nigérian Kanu lors de son transfert à l’Inter de Milan”.
“C’est une visite approfondie qui a révélé son problème cardiaque. Et non pas un simple ECG ! Chez nous, même le plus élémentaire test d’effort, pourtant indispensable, n’est pas fait. Sans évoquer les autres clubs dont j’ignore le fonctionnement, chez nous, nous manquons du strict minimum, à savoir une simple table d’examen. C’est grave que nous manquions d’une simple table d’examen dans notre propre stade ! C’est même honteux ! C’est pour cela que je ne veux plus travailler dans ce milieu. Je ne veux plus travailler dans le football !” conclut Benarmas.


R. B.


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