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Économie / Actualités

Nouvelle loi sur les hydrocarbures

Ultime chance de reprise

© D.R.

La nouvelle loi algérienne sur les hydrocarbures doit encore prouver son efficacité pour attirer les investissements étrangers nécessaires pour relancer l’amont pétrolier et gazier en difficulté. 

Élaborée et adoptée en décembre 2019, la nouvelle loi sur les hydrocarbures, censée donner un coup d’accélérateur à l’activité de l’amont pétrolier et gazier, en mal d’investissements, n’est toujours pas entrée en vigueur, faute de textes d’application. Les quatre derniers projets de décrets exécutifs liés à cette nouvelle loi ont été examinés, il y a une semaine, en réunion du gouvernement.

À l’issue de cette réunion, le gouvernement a indiqué dans un communiqué que par la promulgation de ces quatre derniers décrets exécutifs, il aura “défini tous les garde-fous et mécanismes juridiques en vue d'une activation à part entière de la loi sur les hydrocarbures”. Dit autrement, cette nouvelle loi sur les hydrocarbures, qui vient succéder à celle de 2013, dont les changements qui y étaient apportés n’ont été presque d’aucune conséquence sur l’activité du secteur, est désormais fin prête pour dégripper la machine de production de pétrole et de gaz.

Dans son dernier rapport sur les investissements énergétiques dans la région Mena sur la période 2021-2025, Arab Petroleum Investments Corporation (Apicorp) a écrit que la reprise de l’activité dans le secteur du pétrole et du gaz en Algérie est tributaire de la capacité de la nouvelle loi à capter les investisseurs. “La loi algérienne sur les hydrocarbures doit encore prouver son efficacité pour attirer les IDE nécessaires à relancer l’amont pétrolier et gazier en difficulté”, a écrit Apicorp dans son rapport. Ainsi, pour relancer l’activité dans le secteur des hydrocarbures, mis à mal par l’échec des quatre derniers appels d’offres internationaux et l’échec de la précédente loi, celle de 2013, à inverser la tendance, et afin de concilier contrainte budgétaire actuelle et relance de l’investissement dans le secteur de l’énergie, le gouvernement n’avait d’autre choix que d’ajuster la législation aux évolutions de l’industrie pétrolière et gazière dans le monde, voire aux spécificités du domaine minier national.

Ce pourquoi, la nouvelle loi fait sauter le verrou des hydrocarbures de schiste et de l’offshore, faute de nouvelles grandes découvertes dans les hydrocarbures conventionnels et propose de nouvelles mesures incitatives dont le but est d’encourager le développement des petits et moyens gisements.

C’est sous la contrainte, à la fois budgétaire et économique, qu’arrive cette nouvelle loi sur les hydrocarbures. Sonatrach, qui avait investi 16 milliards de dollars en effort propre entre 2000 et 2016, a dû ajourner des projets d’une valeur de 3 milliards de dollars en 2020, en raison des difficultés budgétaires que traverse le pays.

Outre l’aspect budgétaire, l'Algérie a épuisé 60% de ses réserves primaires en hydrocarbures faute de nouvelles découvertes. Le taux risque de grimper à 83% à l'horizon 2030 si l’activité amont du secteur venait à perpétuer ses contre-performances, vieilles de plusieurs années déjà.

C’est dire l’enjeu de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, dont un nouvel échec serait fatal. Le gouvernement a mis une année et demie pour élaborer les textes d’application, période durant laquelle le choc pandémique a entraîné une chute vertigineuse des cours et des pertes colossales sur les chiffres d’affaires des compagnies pétrolières et gazières.

Ce pourquoi, la reprise des investissements dans les hydrocarbures risque d’être poussive, en raison de la contrainte budgétaire, d’abord, et, ensuite, des grands changements que connaît l’industrie pétrolière et gazière mondiale, dont les majors, les banques et les États semblent amorcer un sérieux virage au profit des énergies nouvelles.

Pour ainsi dire, le rebond de l’activité dans l’amont pétrolier et gazier dépendrait, non seulement de la capacité de la nouvelle loi à capter les investisseurs, mais aussi de celle de Sonatrach à convaincre ses partenaires traditionnels et potentiels, plus que jamais engagés dans la diversification de leurs portefeuilles énergétiques, à prospecter en Algérie et à développer des gisements  moins importants et moins rentables. 

Ali Titouche


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