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Edito foot

tutelle politique

L’homme ne s’en cache même pas. Publiquement, il revendique cette tutelle politique qui l’a réhabilité en avril dernier à la tête du doyen des clubs algériens, le MC Alger. “Je n’ai aucun compte à rendre à Sonatrach. Moi, j’ai été placé par les plus hautes autorités de l’État pour redorer le blason du Mouloudia”, martelait-il, il y a à peine quelques jours avant de descendre en flammes les responsables de la société pétrolière, à commencer par son P-DG, Mazouzi, coupables d’avoir laissé tomber le MCA, et donc d’avoir failli devant les directives des décideurs. Lesquels ? Sellal, Bouteflika, personne n’est au mesure de répondre, mais lui continue de tirer profit de ce parrainage presque surréaliste au point de susciter crainte à Sonatrach. Preuve en est, la société pétrolière, qui a sans doute d’autres priorités que de s’occuper de l’avenir d’un repris de justice, ne sait plus quoi faire avec cet intrus encombrant. À coups de communiqués vagues et hésitants, Sonatrach s’emmêle les pinceaux dans un formalisme  bruyant, donnant l’impression de n’avoir pas du tout les coudées franches dans cette affaire. Pis, après avoir décidé dans un premier temps  de rompre cette relation de travail avec Omar Ghrib, Sonatrach semble avoir cédé à une pression venue d’en haut, celle-là même qui avait précédé son retour aux affaires du MCA en avril dernier. Du statut d’employé à Sonatrach en vertu d’un contrat qu’il n’a d’ailleurs même pas signé en raison d’une vanité démesurée, Ghrib est passé au rang de donneur d’ordres omnipotent. Personne n’ose contester son leadership, pas même le MJS qui a le devoir de mettre fin à ce marchandage politique. En fait, l’affaire Ghrib est la meilleure preuve que les pouvoirs publics continuent d’instrumentaliser le football à des fins politiques, malgré le fait que les conséquences peuvent être désastreuses. Le football attendra !            

S. L.