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editorial / ACTUALITÉS

100 jours, l’heure de comprendre

Le mouvement populaire pour le départ du système et l’instauration d’un État démocratique et  d’une vraie république boucle aujourd’hui son 100e jour. Hier, à l’occasion du 15e vendredi de mobilisation, les Algériens ont de nouveau réitéré leur appel à en finir avec le système qui a régenté le pays depuis l’indépendance, pour lui en substituer un autre qui tire sa légitimité de la seule volonté populaire. Encore une fois, la démonstration est faite que le pays connaît bel et bien un moment de transformation historique. 

Le franchissement du seuil symbolique des 100 jours de mobilisation sans faille en dépit de toutes sortes de contraintes invite à un effort de compréhension des événements qui se déroulent sous nos yeux. Cela semble aller de soi, mais l’on voit bien que, plus de trois mois après le 22 février, que c’est parfois un tout autre effort qui est déployé, celui qui vise à occulter les motivations profondes du mouvement, donc les causes réelles de la crise politique actuelle, comme pour faire place nette à des replâtrages superficiels et éviter les solutions de fond susceptibles de concrétiser le changement voulu par les Algériens.
Que faut-il donc comprendre ? D’abord, que nous assistons à une révolution portée par une lame de fond qui travaille la société depuis des décennies. Ensuite, qu’il faut y apporter des réponses qui soient à la hauteur des événements et des attentes. Enfin, qu’il serait illusoire de vouloir contrarier un tel mouvement qui, déjà, a atteint un point de non-retour, avec, à la clé, des acquis évidents. 
Mais il faut saisir aussi que des périls guettent la révolution en cours. Car, si le bilan de ces 100 jours de mobilisation populaire est globalement positif, ses acquis restent fragiles, sachant qu’ils ne sont pas tous au goût de tout le monde. Cette unité et ce sentiment d’appartenance nationale retrouvés, comme en atteste l’hommage populaire rendu hier à Kamal-Eddine Fekhar dans toutes les régions du pays, d’une part, et la présence massive et décomplexée de la femme dans les manifestations, d’autre part, ne sont pas pour plaire à ceux qui ont excellé dans le travail de division du peuple, de fractionnement des forces sociales et de diabolisation des forces progressistes, ni aux tenants d’une certaine idéologie réfractaire à la modernité. A fortiori lorsque l’on sait que certains acteurs — ceux, notamment, qui ne veulent pas rater “le dernier train” vers El-Mouradia —, sont plus intéressés par leur avenir immédiat, que par la concrétisation du changement voulu par le peuple.


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