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editorial / ACTUALITÉS

Abus de pouvoir

La détention préventive, prévue par la loi comme une mesure exceptionnelle, tend dangereusement à devenir la règle. Depuis l’avant-dernier vendredi des marches populaires, plus d’une trentaine de manifestants, pour la plupart des jeunes arrêtés notamment à Alger pour avoir brandi l’emblème amazigh ou pour avoir simplement revêtu une robe traditionnelle, ont été placés sous mandat de dépôt et incarcérés.  Hier, 16 jeunes manifestants ont été envoyés en prison. Le même jour, un ancien officier de l’ALN, chef de la wilaya IV historique, le moudjahid Lakhdar Bouregâa, arrêté la veille près de son domicile, a pris, lui aussi, le chemin de la prison d’El-Harrach. 
Cet abus dans le mandat de dépôt, voire sa quasi-systématisation, est annonciateur d’une escalade dans la répression  contre le mouvement du 22 février et contre l’expression politique plurielle. Le régime, enfoncé au plus profond de l’impasse dans laquelle il s’est mis en rejetant toute solution à la crise autre que celle qu’il propose, panique et, dans sa panique, il prend des décisions qui accroissent la difficulté et la pénibilité qu’il éprouve à rallier grand monde à sa feuille de route. 
L’emprisonnement de personnes pour des délits improbables, en tout cas pas évidents, n’est pas le meilleur moyen d’améliorer une situation et une atmosphère que le régime lui-même souhaite apaisées pour, d’abord, pouvoir organiser la rencontre du dialogue national et, ensuite, espérer tenir le scrutin présidentiel. 
C’est même une mauvaise idée qu’il a eue que d’agir de la sorte. En usant de répression contre des manifestants, des militants politiques et des personnalités nationales qui ne voient d’autres voies de sortie de crise que le processus électoral immédiat, le régime risque de se résigner au soliloque politique. Même les partis et les personnalités qui ont affiché leur disponibilité à prendre part à la consultation qu’il propose pourraient en définitive se résoudre à une attitude contraire. Cela bien sûr à supposer qu’ils insistent sur le préalable qu’ils ont émis, à savoir la libération des détenus d’opinion. Un préalable que le régime semble avoir déjà rejeté, puisqu’à cette demande, il répond par un durcissement de la répression. C’est à se demander s’il ne fait pas exprès de rester sur l’option du coup de force pour s’éviter de dialoguer et pour ne pas avoir à faire des concessions. La question est posée.


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