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editorial / ACTUALITÉS

Attentes déçues

Dans son message à l’occasion de la célébration du double anniversaire de la création de l’UGTA en 1956 et de la nationalisation des hydrocarbures en 1971, le président de la République, attendu qu’il s’exprime sur le malaise social, fait notamment de grèves à la longévité inédite, s’est, contre toute attente, appliqué, presque exclusivement, à un exercice de prospective circonscrit au seul chapitre de l’économie. Les médecins résidents et les enseignants, qui se sont adressés à son auguste autorité comme dernier recours et ultime espoir d’être entendus, n’en peuvent qu’être déçus. De plus, dans la phrase lapidaire qu’il a consacrée dans son long discours aux travailleurs, l’évocation “de la défense légitime et vigilante de leurs droits”, tout de suite mise en balance avec “l’observation effective et régulière de leurs devoirs et obligations”, n’est pas rassurante. Le message présidentiel, sibyllin, se veut une caution à l’attitude que le gouvernement a jusqu’ici observée face à la grogne sociale : convoquer la crise et la difficulté que vit le pays comme arguments devant dissuader les protestataires de ne pas radicaliser leurs mouvements. Les observateurs les plus avertis ne devraient pas, cependant, s’étonner que le chef de l’État zappe l’actualité qui devait le plus interpeller. Après  presque vingt ans de magistère, Bouteflika n’a toujours pas su ou voulu se rendre, du moins dans les actes, au postulat, pourtant basique, qu’il ne peut y avoir de bonne gouvernance économique sans bonne gouvernance politique. La première est tributaire de la seconde. Car, pour que l’essor économique préconisé advienne, il faudra, impérativement, un environnement politique, mais aussi social, adéquat. La rigueur  dans la conduite des politiques économiques suppose l’existence préalable d’outils et mécanismes non pas seulement d’évaluation, mais surtout de contrôle. Par mécanismes, on entend institutions et organismes qui jouissent d’une franche autonomie dans leurs missions. Et un tel environnement s’appelle démocratie, que le meilleur système politique a inventée. Un système qui élève le dialogue et la négociation en moyen privilégié de solution des conflits. Tout le contraire des systèmes autoritaires qui, sinon répriment, occultent la revendication sociale et la réclamation politique.


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