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editorial / ACTUALITÉS

Autoritarisme préventif

Les autorités du pays s’ingénient, depuis des années, à museler la presse en usant de procédés plus ou moins sophistiqués mais, quelquefois, si grossiers qu’ils finissent toujours par mettre à nu les intentions liberticides qui les a inspirés. Il faut dire que l’entreprise a réussi, dans une certaine mesure, même si la résistance de ceux qui exercent le métier d’informer reste encore une réalité, fort heureusement. Pour autant, la presse n’est sans doute pas au bout de ses peines.
Mais, à présent, le pouvoir semble découvrir un nouvel ennemi à abattre, la presse électronique. Un ennemi beaucoup plus difficile à cerner car s’il peut se présenter sous la forme d’un site parfaitement identifié, il peut aussi être un blog alimenté par des lanceurs d’alerte, des militants, politiques ou associatifs, engagés dans des domaines aussi divers que la lutte contre la corruption et la protection de l’environnement.  Tous ceux qui, pour faire court, pratiquent ce nouveau métier qui s’appelle le journalisme citoyen, rendu possible par l’intrusion des réseaux sociaux dans la vie publique.
Non préparé à cette évolution — il ne l’est jamais à aucune autre, du reste —, le pouvoir sort la seule arme qu’il connaisse : la répression. Sinon, comment expliquer cette multiplication des arrestations et des condamnations, décidées, à tout-va, contre des blogueurs et des lanceurs d’alerte ? Au vu des méthodes employées dans l’interpellation de certains d’entre eux et des lourdes peines prononcées contre d’autres, il y a, manifestement, une volonté d’intimider et de “punir pour l’exemple”.
Quand un pouvoir en arrive à user de tels modes opératoires, c’est qu’il y a de la panique dans l’air. D’autant que le rôle joué par les réseaux sociaux dans les révoltes populaires qui ont secoué tant de pays et de régimes politiques arabes en 2010, 2011 et 2012 est encore trop récent pour que les pouvoirs autoritaires n’y fassent pas attention aujourd’hui. L’autoritarisme préventif serait donc, à nouveau, de mise. A fortiori, en Algérie, où tous les ingrédients sont réunis pour faire craindre la survenue d’événements qui pourraient échapper à tout contrôle : l’on est à moins d’une année d’une élection présidentielle qui s’annonce chargée d’incertitudes ; le pays qui baigne dans une situation politique délétère est en proie à une crise économique persistante dont on ne voit pas l’issue, pendant que l’opinion assiste, médusée, à des scandales à la pelle et en tous genres… Forcément, il vaut mieux, pour le régime, que les blogueurs ne s’en mêlent pas.


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