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editorial / ACTUALITÉS

Censure contre culture

Le constat a été établi depuis longtemps par les politologues et les professionnels du droit : lorsqu’une atteinte à une quelconque liberté est admise, tolérée ou acceptée sous un quelconque prétexte, l’interdit finit toujours par s’étendre à d’autres libertés, et son champ d’application par s’élargir à d’autres individus ou groupes sociaux. La règle vaut pour la censure. Pratiquée depuis la nuit des temps, d’abord pour prévenir et punir le “blasphème”, ensuite pour préserver “les bonnes mœurs”, elle est aujourd’hui appelée à la rescousse pour étouffer la libre expression politique. Du coup, elle peut concerner toute œuvre susceptible de porter un message politique contraire à la philosophie du système en place. Une pièce de théâtre, un roman ou un film peuvent, en effet, être perçus comme des “œuvres subversives”, plus dangereuses que les déclarations politiques les plus enflammées. C’est ainsi que si celles-ci sont tolérées, il en va autrement des œuvres culturelles. Ce n’est pas nouveau, non plus : les systèmes totalitaires ont toujours considéré la culture comme une suprême menace contre l’ordre établi. “Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver”, disait un chef nazi. Une phrase qui, dit-on, a fait rire l’assistance, alors qu’elle annonçait, en fait, les grands bûchers de livres, la répression des intellectuels allemands et le premier camp de concentration, celui de Dachau, où ils furent déportés, bien avant le début de la Seconde Guerre mondiale. C’est dire que la censure n’augure jamais rien de bon. Si, chez nous, elle semble aujourd’hui gagner du terrain, c’est que le pays a tendance à renouer avec les pratiques d’une autre ère, celle du parti unique. On sait pourtant ce qu’il a valu au pays d’avoir adopté la répression, la négation et la falsification de l’histoire comme les supports d’une philosophie de pouvoir et d’un modèle de gouvernance. Mais le combat entre la culture et la censure est vieux et éternel. Et cette nouvelle offensive contre des œuvres artistiques et culturelles est à la fois décevante et rassurante. Décevante car elle indique que le pouvoir politique est toujours bloqué et qu’il use encore de cette pratique pour combler son déficit de légitimité. Rassurante car elle atteste de la présence d’une créativité culturelle et artistique en résistance contre la bêtise. 


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