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editorial / ACTUALITÉS

Cette alerte qui vient de l’Ahaggar

Les Touareg ont tenu leur rassemblement, hier, à Tamanrasset. Cette action, en soi, est lourde de sens : elle dit l’échec cuisant de ceux qui, dans l’Ahaggar ou à partir d’Alger, ont tenté d’étouffer dans l’œuf l’initiative de l’Amenokal, y compris en mettant en doute sa “légitimité” comme représentant de sa communauté. Il faut dire que cette tentative de disqualifier et d’étouffer son appel à une manifestation des Touareg était déjà un signe probant quant à une volonté d’en finir avec ce système d’organisation ancestral. Non pas pour lui substituer une gouvernance locale inspirée de la “modernité républicaine”, comme on veut le faire croire, mais sans doute pour faire sauter un verrou et permettre à de nouveaux “caïds” de disposer des pleins pouvoirs dans une région où l’on peut s’enrichir de diverses manières, y compris en contrôlant certains trafics.

C’est la première fois depuis l’Indépendance du pays que les Touareg font état publiquement de l’existence de velléités d’accaparement total du pouvoir local qui passerait, forcément, par l’exclusion des notables de la région et la relégation de l’Amenokal à un statut de faire-valoir, au mieux. Pourquoi maintenant et jamais auparavant ? Certains slogans, affichés hier sur les banderoles qui ornaient les murs de la salle qui abritait la manifestation, nous donnent déjà quelques éléments de réponse : l’élection présidentielle de 2014 serait passée par là. Elle marquerait même un tournant dans les relations entre l’administration, ou les pouvoirs publics en général, et les représentants des tribus targuies. Encore un signe qui ne trompe pas : les contestataires ont adressé leurs doléances aux “plus hautes autorités de l’État”. C’est largement assez pour comprendre que les Touareg dénoncent, en fait, les implications néfastes, à l’échelle de leur région et de leur communauté, de ce quatrième mandat dont on a vu, ailleurs et dans d’autres domaines, les retombées, notamment l’émergence de nouveaux “maîtres du jeu” à l’appétit glouton.   
L’Amenokal assure qu’il ne fait pas de politique, mais il ne fait que cela. Sans doute malgré lui, car il aura été entraîné sur ce terrain par ceux-là mêmes qui, depuis quatre ans, tentent d’annihiler son influence. À un an de la prochaine présidentielle, cette réaction des tribus targuies est une vraie alerte : si le quatrième mandat a favorisé l’apparition de certaines ambitions à même de menacer la stabilité dans cette région frontalière, il faut s’interroger sur les effets que produirait un cinquième quinquennat. 


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