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editorial / ACTUALITÉS

Ceux qui parlent et ceux qui décident

Il va falloir s’y résoudre : ce n’est pas d’Ahmed Ouyahia ou de Djamel Ould Abbes que viendront les hypothétiques informations ou éclairages attendus quant à l’avenir immédiat du pays. Sans doute parce qu’ils n’en savent, eux-mêmes, rien, mais peut-être, aussi, parce qu’ils ont une toute autre volonté, voire une toute autre mission : celle de brouiller les pistes, de nous berner, en attendant que les vrais chefs tranchent. Et donc de ne rien nous dire, hormis leurs petites phrases sans vraie consistance politique.
Prenons cette dernière sortie du chef du RND qui a, toutefois, le mérite de “parler moins” que son alter ego du FLN. Toute une conférence de presse, annoncée en grande pompe, de surcroît pour si peu ! Si peu, car tout ce qu’on en retiendra comme “inédit”, c’est, assurément, l’adhésion, désormais, déclarée d’Ahmed Ouyahia à l’idée d’un cinquième mandat. Point barre. Adhésion déclarée, mais pas forcément sincère, faut-il le souligner. Car l’on se souvient que l’homme était déjà opposé au quatrième mandat, et qu’il a dû se raviser un peu sur le tard, soit lorsqu’il s’était rendu compte que les jeux étaient faits.
Au final, donc, M. Ouyahia aura parlé de tout, mais ne s’engage à rien. Sauf à ne pas se présenter aux élections si Bouteflika se décidait à briguer un nouveau quinquennat. Ce que l’on savait déjà. Mais cela signifie aussi qu’il pourrait être candidat en 2019, dans le cas contraire. Mais il ne pouvait le dire aussi clairement. C’est qu’il sait qu’il n’a pas son destin en main. Ce qui vaut, en fait, pour tous les hommes du sérail qui peuvent avoir des ambitions personnelles, mais qui sont conscients des modalités de sélection des candidats du système : ils doivent d’abord s’assurer de la bénédiction de ces “grands électeurs” dont ne parle pas la Constitution et dont on ne trouve nulle trace dans la loi électorale. Ceux-là qu’on appelle communément les décideurs et qui, eux, ne parlent pas, ne disent jamais rien et qui restent, par conséquent, responsables de tout et comptables de rien. Ceux qui nous parlent souvent pour ne rien  dire pourraient, au besoin, le faire au nom de ceux qui décident, pour défendre le “bien-fondé” de leurs décisions, mais aussi pour en endosser les conséquences. C’est le cas d’Ahmed Ouyahia, de Djamel Ould Abbes et de quelques apprentis hommes politiques maison. C’est dire que les 20 ans de Bouteflika, ses “réformes” et ses révisions constitutionnelles successives n’auront pas changé grand-chose à la donne. Qu’est-ce qui donc empêcherait un cinquième mandat ?


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