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editorial / ACTUALITÉS

Cocaïne, limogeages et agenda politique


Alors que des généraux-majors de l’ANP que l’on croyait inamovibles sont limogés les uns après les autres sur fond de rumeurs insistantes quant à l’implication de certains d’entre eux dans des affaires plus ou moins scabreuses, le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense multiplie les sorties publiques qui sont, pour lui, autant d’occasions d’évoquer et d’expliquer, à demi-mot, ce qui s’apparente à une “opération mains propres” dans la haute hiérarchie de l’institution militaire. Certains de ces officiers supérieurs ou leurs proches étant cités dans le cadre de certains dossiers judiciaires et leur éviction intervenant au moment même où l’affaire dite “El-Bouchi”, dans laquelle se mêlent trafic de cocaïne et malversations immobilières, est en phase d’instruction, il n’en faut certainement pas plus pour que se forge, au sein de l’opinion publique, une certitude : le chef d’état-major opère une opération d’assainissement des rangs au sein de l’armée. Et lorsque Ahmed Gaïd Salah lui-même insiste sur les valeurs que sont “l’honnêteté” et “l’intégrité” et qui doivent toujours rester en vigueur au sein de l’ANP, la certitude n’en est que plus établie. Il est vrai qu’il y ajoute “la tradition d’alternance” aux postes de responsabilité que les changements opérés sont censés perpétuer, mais cela n’empêche pas les observateurs de s’en tenir surtout à la conjoncture dans laquelle ces généraux-majors sont évincés et remplacés et, bien évidemment, la médiatisation des interventions et de l’action du chef d’état-major, qui a nettement gagné en cadence ces dernières semaines. Or, outre le scandale des 701 kg de cocaïne saisis dans un bateau arraisonné en haute mer et le déboulonnage spectaculaire, dans le sillage même de cette affaire, du désormais ex-chef de la Sûreté nationale, le général-major Abdelghani Hamel, puis de tous les autres, il y a, bien entendu, la présidentielle de 2019 et ce dossier, lourd et problématique quoi qu’on en dise, du 5e mandat.
Question inévitable, dès lors : ce remue-ménage au sein de la hiérarchie militaire est-il réellement sans aucun lien avec la perspective de cette cinquième mandature de Bouteflika que le FLN, le RND et d’autres appellent de leurs vœux ? Difficile de le croire, pour l’heure, sachant que sous couvert de lutte contre la corruption, l’on a déjà eu, par le passé, à assister à bien des règlements de compte politiques, et les opérations “mains-propres” ont souvent servi d’instrument… pour ou contre des agendas politiques.


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