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editorial / ACTUALITÉS

Comme un air de campagne

Une forte présence d’officiels, dont des ministres et des représentants de la “société civile”, une foule nombreuse ramenée sur place dans des bus spécialement affrétés pour la circonstance, le tout à l’ombre d’un dispositif sécuritaire impressionnant pour veiller au grain. La sortie du chef de l’État hier à Alger n’était visiblement pas qu’une visite de terrain et l’inauguration du métro d’Alger n’était qu’un excellent mobile pour accomplir ce qui s’apparente, tout compte fait, à l’acte d’une campagne qu’on n’attendait pas de sitôt. Hier, Bouteflika était plutôt dans la peau d’un candidat à sa propre succession, pour un cinquième quinquennat, que dans celle d’un Président en exercice inaugurant une infrastructure de transport dans la capitale. En tout cas, tout semble avoir été fait pour que cette courte virée algéroise du chef de l’État soit perçue comme un signe probant de sa volonté sinon de sa décision de rempiler en 2019. La sortie de Djamel Ould Abbes annonçant que le candidat du FLN à la prochaine présidentielle est bel et bien Abdelaziz Bouteflika, avec ce timing précis, participait, à vrai dire, de ce dessein.
Pour autant, il est encore trop tôt pour jurer de la présence de Bouteflika dans la prochaine “course” électorale. D’abord en raison de son état de santé que ce genre de virée ne suffit pas à occulter et qui, naturellement, laisse planer une incertitude évidente sur son avenir ; ensuite en raison de son incapacité à nous dire ses intentions, si tant est qu’il en ait la volonté ; en raison, enfin, de cette “procuration” que, conséquemment, certains s’arrogent pour parler en son nom, pas forcément avec son assentiment. Car cela, on a eu à le vérifier par le passé, au point que toute la classe politique s’interrogeait, des semaines durant, sur la paternité de certains messages écrits endossés à la présidence de la République. La “main des clans” ne serait donc pas étrangère à ce remue-ménage, encore moins à cet empressement à “entériner” une candidature de Bouteflika, sachant que lui-même a toujours préféré attendre le dernier quart d’heure pour se déclarer partant. Mais il est vrai qu’il a systématiquement fini par y aller, justifiant ainsi ce désir que beaucoup lui prêtent : quitter ce bas monde en président de la République. Un désir qui, en effet, pourrait prévaloir, cette fois encore, sur tout le reste. Un désir que les courtisans auront alors su devancer, d’abord en organisant cette inauguration du métro d’Alger sur un air de campagne.


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