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editorial / ACTUALITÉS

Communication codée

L’Algérie, et il y a quasi-unanimité à ce propos, que ce soit au sein de la classe politique ou du pouvoir en place, traverse une période extrêmement difficile sur le triple plan politique, économique et social. Et si les partis de l’opposition n’ont eu de cesse de mettre en garde contre les dérives d’une gestion calamiteuse des affaires publiques qui a mené le pays droit vers l’impasse, les tenants du pouvoir sont, à l’évidence, contraints, aujourd’hui, de reconnaître la réalité amère découlant d’un règne sans partage. Le ton adopté par les uns et les autres ne fait, en tout cas, que confirmer que l’heure est grave.
À l’appel du président de la République, à l’adresse de la classe politique à qui il demande de “placer l'Algérie et les intérêts suprêmes de son peuple au-dessus de toute autre considération”, c’est un autre haut responsable, le chef d’état-major de l’armée, qui lui fait écho en évoquant, pour sa part, une “ligne rouge” à ne pas outrepasser. Mais au lieu d’un discours franc, clair et mobilisateur qui permettrait aux forces vives de la nation d’avoir leur mot à dire et de participer à la décision pour tenter d’inverser la tendance d’une perspective effrayante pour le pays, les responsables au niveau de l’État semblent avoir un penchant pour le langage de l’intrigue. Au flou politique ambiant, qui commence à peser lourdement sur les institutions, les dernières sorties du chef de l’État et de son vice-ministre de la Défense ont rajouté un autre voile qui empêche d’entrevoir une quelconque éclaircie dans le ciel du pays.
Leurs messages codés respectifs ouvrent la voie à toutes les lectures possibles. À qui s’adresse le patron de l’armée lorsqu’il évoque “la ligne rouge” à ne pas franchir ? Aux meneurs des nombreux mouvements de contestation qui traversent la société ? Aux formations politiques de l’opposition qui continuent de dénoncer les dérives d’un système à bout de souffle ? À ceux qui, d’une certaine façon, se sont emparés des institutions de la République pour en faire un bien privé et qui tiennent en otage le pays ? Le discours des responsables de l’État doit pourtant tendre à rassurer les citoyens et non à compliquer encore plus une situation politique indéchiffrable. Mais comme le bateau, à la dérive, commence à tanguer sérieusement et devant l’absence d’un capitaine capable de tenir le gouvernail, il ne reste pour les maîtres du moment qu’une insondable porte de sortie : celle d’un discours aux mille et une facettes où chacun peut trouver son compte tant les lectures, tout aussi contradictoires les unes que les autres, restent possibles.


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