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editorial / ACTUALITÉS

Coûteuses clientèles

L’Amenokal actuel de l’Ahaggar, comme ses prédécesseurs, n’est pas connu pour être un grand bavard. Les représentants des Touareg, y compris lorsqu’ils sont députés, ont toujours brillé plutôt par leur silence que par des coups de gueule. Depuis l’ère du parti unique, c’est toujours dans la discrétion totale qu’ils expriment les attentes, préoccupations et revendications de leurs mandants, à savoir les dizaines de tribus qui leur confèrent la légitimité de parler en leur nom. Et le procédé a plutôt bien fonctionné jusqu’ici.   
Une fois n’est pas coutume, l’Amenokal s’est vu contraint de recourir à la presse pour alerter les plus hautes autorités. Il y a, déjà, dans ce seul fait, matière à s’interroger : reste-t-il encore quelque chose des canaux de dialogue traditionnels entre l’Ahaggar et Alger ? On peut penser que non. Car jamais “le porte-parole” des Touareg n’aurait dénoncé les autorités locales, via les médias et donc publiquement, s’il avait encore une oreille attentive à Alger, ou ne serait-ce qu’à Tamanrasset. Et si le dialogue est rompu, on le doit, selon toute vraisemblance, à l’émergence d’une nouvelle clientèle locale recrutée par le régime pour servir exclusivement ses intérêts et son agenda. C’est donc une version à peine nuancée du mode opératoire testé en Kabylie et dans la Vallée du M’zab, avec les dégâts que l’on sait, qui serait donc en cours dans l’Ahaggar.
C’est bien connu, ce genre de clientèles peut être “utile”, un temps, pour polluer le climat politique et social, mettre à mal les légitimités locales construites dans le combat et la douleur et faire place nette aux “ambassadeurs” locaux du régime. Mais leur “efficience” est factice et éphémère. Inopérantes à terme, nuisibles à la cohésion sociale, à l’activité économique et même à l’environnement. Car elles ouvrent la voie à tous les opportunismes. Et, dans la conjoncture présente, et spécialement parce qu’elle a pour théâtre le grand Ahaggar, la méthode est encore plus chargée de périls. Si les clientèles politiques au rabais ont toujours un coût, celle mise sur orbite à Tamanrasset peut s’avérer ruineuse pour le régime, lui-même, mais aussi calamiteuse pour le pays. Car l’on sait que dans cette région, les habitants ne s’accommoderaient jamais d’un pouvoir de “notables importés”, l’expression étant de l’Amenokal, lui-même.


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