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editorial / ACTUALITÉS

Craintes justifiées

L’armée, par la bouche de son chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, a préconisé, ou plutôt dicté, la solution à la crise politique qui met à mal le pays depuis plus d’un  mois : écourter le mandat en cours du président Bouteflika en appliquant l’article 102 de la Constitution, plus précisément la constatation de l’état d’empêchement pour raison de maladie grave et durable. Faut-il s’en réjouir ? À notre avis, il faut se retenir d’applaudir à cette intervention de la grande muette — un peu trop bavarde, à vrai dire, depuis le début de la crise —, car, à travers elle, l’armée s’octroie le rôle prépondérant dans la transition qu’elle engage. Ce qui n’est pas dans ses missions.
Ce n’est pas ce que souhaitent également les millions d’Algériens qui rejettent le système. L’implication de l’armée dans la destitution de Bouteflika satisfait certes une exigence populaire, mais ne constitue pas forcément un gage d’une transition pouvant mener vers un renouveau politique et encore moins à cette deuxième République tant attendue. Cette intrusion, pouvons-nous dire, risquerait même de constituer le début d’un dévoiement fatal du mouvement du 22 février, promis jusqu’ici à évoluer en révolution démocratique. Les appréhensions ne peuvent être que légitimes, tant est que les problèmes politiques dans lesquels s’enlise le pays aujourd’hui sont aussi la conséquence des transitions souvent chapeautées par le système lui-même, notamment via l’institution militaire.
Depuis le coup d’État contre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA)  jusqu’à l’arrivée de Bouteflika au pouvoir en 1999, l’armée a toujours influé sinon agi sur l’issue de chacune des crises que le pays aura eu à endurer. Et c’est cet interventionnisme qui a été à la fois l’oxygène du système et le terreau fertile pour la production de crises. Cela, les Algériens l’ont compris. C’est ce qu’ils ne veulent pas voir se reproduire. Ils ont peut-être réussi une victoire d’étape, mais il leur reste le plus difficile : faire en sorte que leur révolution ne soit pas confisquée. Les craintes à ce sujet sont justifiées.


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