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editorial / ACTUALITÉS

De l’art de transformer l’échec en succès

Le problème de la surcharge des classes scolaires qui se pose dans de nombreuses régions du pays semble devenir de plus en plus insurmontable au point de contraindre la première responsable du secteur à abdiquer, presque devant la difficulté à trouver les solutions les plus idoines à la problématique. Mme Benghabrit a fini par lâcher le morceau, invitant indirectement les élèves, mais aussi leurs parents, à faire avec ce phénomène digne des pays sous-développés qui bride la scolarité des écoliers. Elle va jusqu’à mettre sur le compte de l’honnêteté le fait de reconnaître l’impossibilité pour son département de juguler le problème de la surcharge des classes. Une attitude qui rappelle étrangement celle d’un autre responsable, le directeur général de l’Institut Pasteur qui avait affirmé, pince sans rire, que c’était un courage pour le gouvernement algérien d’admettre officiellement l’existence de cas de choléra.
On aura tout vu et entendu avec ce système à bout de souffle dont les représentants pensent toujours avoir trouvé les mots pour transformer l’échec en triomphe. Mais la réalité est telle que cet exercice prête presque à rire, sinon à pleurer, devant l’ampleur du désastre. Au problème de la surcharge des classes auquel les élèves sont invités à s’habituer, la première responsable du secteur, dans une posture quelque peu ubuesque pour un ministre de l’Éducation, pousse le ridicule jusqu’à préconiser le retour aux chalets préfabriqués, de triste mémoire coloniale, pour diminuer la pression dans les classes. C’est dire que près de 60 ans après l’Indépendance, les tenants du pouvoir ont réussi la prouesse de nous renvoyer à une bien triste époque que l’on croyait révolue à tout jamais.
L’Algérie, qui continue de se vanter d’avoir les taux de développement humain les plus élevés du continent, semble avoir fini par être rattrapée par une certaine gestion pour le moins chaotique des affaires publiques. Aux programmes d’enseignement objets de vives critiques, les écoliers algériens doivent se résigner à suivre les cours dans des classes surchargées. Et ce n’est certainement pas un hasard que, pour justifier les échecs dans tel ou tel domaine, les responsables en poste s’épanchent sur une explosion démographique qui n’en est pas une, en réalité. “Gouverner, c’est prévoir”, disait un homme politique français du XIXe siècle. Mais deux siècles après, la prospective ne semble pas être vraiment le fort du pouvoir algérien.


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