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editorial / ACTUALITÉS

De l’Eldorado et des chimères

Le phénomène de l’émigration clandestine, désigné chez nous par le vocable de “harga”, tend, de jour en jour, à se banaliser sans que les pouvoirs publics consentent à lui accorder l’importance que doivent conférer à ce dossier tous ces drames qui se déroulent en mer. Il ne se passe pas un jour sans que l’on rapporte, ici et là, des récits, les uns plus bouleversants que les autres, concernant des jeunes, surtout, mais aussi des moins jeunes, d’enfants, de femmes, qui tentent la traversé de la Méditerranée au péril de leur vie. C’est que le désespoir a fini par gagner des pans entiers de la société. Si pour les plus âgés, le poids des ans les empêche de franchir le pas, pour les plus jeunes, leurs conditions de vie et l’absence de perspectives ne leur offrent visiblement guère le choix. Sous d’autres cieux, cette catégorie de la population constitue le moteur de la société. Mais, en Algérie, le règne absolu d’une gérontocratie décidément insatiable a achevé de laminer les derniers espoirs de cette jeunesse qui, aujourd’hui, 56 ans après l’indépendance, ne jure que par un départ vers l’ailleurs. Quitte à laisser la vie sur le chemin d’un chimérique eldorado qui lui réserve, bien souvent, de mauvaises surprises. Peut-on reprocher à nos jeunes cette résolution extrême de tenter l’aventure en mer sur des embarcations de fortune, qui plus est en période hivernale où la mer est toujours démontée ? Bien évidemment, si la raison recommande de ne pas les encourager dans cette voie, il ne s’agit surtout pas de faire leur procès. Quand on sait que ni les dangers d’un voyage hivernal à bord de zodiacs ou de felouques ni la garantie d’une vie meilleure de l’autre côté de la Méditerranée ne les dissuadent d’une entreprise si périlleuse, c’est que le mal-vivre a atteint des niveaux insupportables. Mais qui est responsable de cette tragédie qui se déroule sous nos yeux sans que l’on puisse réagir pour l’arrêter ? Il ne faut, sans nul doute, pas sortir de Saint-Cyr pour trouver la réponse à la question. Le mal qui tue à petit feu la jeunesse est le même que celui qui est en train d’anéantir la société toute entière. Ce mal aux mille visages s’appelle à la fois autoritarisme, absence de perspectives socioéconomiques, corruption généralisée, copinage, mauvaise gestion, clientélisme, abus de pouvoir, détournement de l’argent public, désœuvrement, marginalisation des compétences… En somme, tout ce que charrie un régime en fin de vie, mais qui espère, visiblement, tout emporter avec lui.


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