De l’Histoire et du mythe !

N’avait pas tort, l’écrivain, en disant que nous n’avons pas une histoire d’Algérie, mais des histoires d’Algérie. Plus d’un demi-siècle après l’Indépendance, la véritable et réelle histoire du pays demeure inconnue. Ou plutôt sciemment écrite en pointillé, laissant des larges blancs pour les pages les plus sombres ou controversées. Des moments que l’on retrouve dans les mémoires des acteurs de cette phase historique du pays quand elles ne sont surtout pas censurées. À travers néanmoins des témoignages individuels, donc à relativiser, parce qu’étant de nature subjectifs.
Aseptisée, “nettoyée”, on apprend à l’école une histoire si “soft” qu’on en oublie le premier coup d’État, en 1957, avant le second de 1962 et toutes les manipulations panarabistes (consenties), bénies par De Gaulle, et plus récemment encore, l’affaire des faux moudjahidine tolérés et rémunérés parce que servant la cause du système. Et c’est le président Bouteflika qui dit, lors d’un congrès de l’organisation des anciens combattants, l’ONM, à l’Indépendance, nous étions 24 000 anciens moudjahids, aujourd’hui nous sommes 240 000 !
Les politiques exécutés continuent de “tomber au champ d’honneur” dans les manuels scolaires reproduisant un mythe fantasmagorique qui ne laisse pas de place à “toute la vérité”. Et la seule évocation de cette vérité est-elle considérée comme un délit passible des tribunaux ?
Aussi devra-t-on espérer avoir libre accès aux archives pour connaître une part de cette vérité ? Et ce ne sera pas pour demain, hélas. Car des deux côtés, algérien et français, l’on ne semble pas disposé à franchir ce pas.
L’on évoquera cependant, comme chaque 20 Août, avec cette sublime rhétorique, l’instant d’une journée, le Congrès de la Soummam, sa charte fondatrice de la République algérienne moderne en devenir. Mais qui n’adviendra jamais.
Plus d’un demi-siècle après l’Indépendance, le pays est assis sur ce déni érigé en mythe fondateur. Comme si la vérité était ailleurs !