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editorial / ACTUALITÉS

De quoi la “harga” est synonyme

L’Algérie est un pays où il ne fait pas bon vivre. Ces enfants, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, le fuient par dizaines, voire par centaines. Au péril de leur vie, ils tentent l’émigration clandestine vers l’Occident, osant la traversée de la mer Méditerranée vers les rives espagnoles et italiennes dans des embarcations de fortune. Une migration qui prend des proportions inquiétantes. Alarmantes. En attestent les chiffres révélés par le ministre de l’Intérieur espagnol : sur 962 migrants arrivés en terre ibérique par la mer, depuis le 16 novembre, 562 sont des Algériens. Plus d’un demi-millier de “harragas” en moins d’une semaine, sans compter ceux, certainement aussi nombreux, qui ne sont pas arrivés à destination, interceptés ou naufragés, c’est un véritable exode. Cette “harga”  massive, tous les sociologues le diront, est l’expression affligeante d’un ras-le-bol qui est allé grandissant au fil des années. Les Algériens tentent des exils périlleux vers d’autres contrées, assurément plus clémentes, car ils ne conçoivent plus de vivre dans leur pays où tous les horizons sont bouchés. Car ils ont fini par perdre tout espoir dans l’avenir. Car les perspectives sont sombres : une économie faible, une société désarticulée, des loisirs inexistants, des libertés de plus en plus réduites, confisquées, des fraudes électorales à répétition, une gouvernance au rabais, une islamisation rampante, et le chapelet est encore long à égrener. Ils partent parce que rien n’est fait pour les retenir. La “harga” c’est, donc, l’échec de la gouvernance. Celle de Bouteflika, longue de près de 20 ans maintenant. Un échec attesté aussi et de manière éclatante par ces milliers d’étudiants qui, il n’y a pas si longtemps, ont pris d’assaut l’Institut français d’Alger. Elle est illustrée également par ces centaines de cadres qui laissent tout ici et partent reprendre une vie professionnelle ailleurs. Les flux continuels de migrants sont le démenti cinglant apporté aux discours pompeux des officiels algériens qui exagèrent le vernis lorsqu’il leur vient à parler de la situation du pays. Ne rétorquez surtout pas, comme l’a fait le très mal inspiré Ould Abbes, que nos migrants manquent de patriotisme ! C’est faux.


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