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editorial / ACTUALITÉS

Décalage

Les stades d’Algérie sont chaque semaine pris d’assaut par des milliers de supporters. Comme partout dans le monde. À la différence que, chez nous, ils n’y vont pas, seulement, pour encourager leurs clubs favoris. Au fil des années, et à la faveur d’une absence de canaux d’expression pour une société qui a pourtant tant à dire et à décrier, les jeunes ont transformé les gradins de nos stades de football en une tribune politique qu’ils investissent, massivement, de leur présence, mais qu’ils égayent aussi de leurs chants de désespoir et de révolte. Ils y mêlent, même, puisqu’ils ont, ici, la latitude de laisser libre cours à leur inspiration, une certaine défiance envers les dirigeants du pays, leur faisant entendre leurs “quatre vérités”.
Car, si les injures “bêtes et méchantes” sont depuis longtemps monnaie courante dans nos stades, pourquoi s’en étonner puisque le style est, désormais, assez souvent, adopté par certains leaders de formations politiques ? Au moment même où, dans les antres du football, la tendance est plutôt à une élévation du niveau.  C’est ainsi qu’on y entend, ces derniers temps, un vrai discours politique, écrit en poèmes, qui plus est. On a même droit, quelquefois, à des analyses dont seraient incapables certains chefs de partis politiques. Il serait donc complètement inopportun de mettre ces clameurs de révolte et de désespoir sur le compte de “l’ambiance des stades”. Et accuser les fans de nos clubs d’être à la solde de quelque partie que ce soit ne serait qu’une manière, maladroite et inopérante, de se voiler la face, de se boucher les oreilles.
Phénomène sociologique par excellence, “l’ambiance des stades”, même entendue au sens péjoratif, n’est pas moins une donne politique qu’il s’agit de prendre en considération. Mais, c’est sans doute trop demander à nos dirigeants qui, depuis toujours, sont en mal d’adaptation aux évolutions d’une société qui, en désespoir de cause, continue son petit bonhomme de chemin, sans plus les attendre. Sans rien attendre d’eux.
De quoi ce décalage entre le pouvoir politique et la société, dont cette jeunesse se fait le porte-parole, est-il annonciateur ? Telle est la question fondamentale. Une question que ne se poseront, sans doute, pas nos gouvernants, tout occupés à concocter un plan pour la continuité, pour le statu quo. C’est d’ailleurs le thème d’une chanson de stade. C’est dire…


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