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editorial / ACTUALITÉS

Dégâts collatéraux

La responsabilité politique des gouvernants dans les grosses affaires de corruption, bien qu’évidente à bien des égards, a toujours fait l’objet de débat. On le comprend aisément : pour ceux qui tiennent les rênes, il est toujours plus confortable d’inscrire tous les méfaits enregistrés sous leur mandat au registre des “actes isolés”. Et de “punir”, pour faire vrai, quelques lampistes, voire, à l’occasion, quelques “gros poissons” supposés intouchables, soigneusement choisis parmi ceux du clan d’en-face qui viendraient à nourrir des ambitions indues ou qui montreraient des velléités de rébellion envers les puissants du moment. Les affaires dites “Khalifa”, “autoroute Est-Ouest” et autre “Sonatrach 1 et 2” sont encore assez récentes pour nous le rappeler.
Du coup, l’opinion reste sceptique, sans doute à raison, quant à l’aboutissement de l’enquête en cours sur les “affaires Chikhi” où l’on trouve, pêle-mêle, des malversations immobilières, du trafic de cocaïne et des soupçons de corruption de magistrats. En attendant d’autres révélations que l’on devra, comme d’habitude, non pas à un procureur de la République qui s’exprimerait ès qualités en conférence de presse, mais à des fuites organisées par qui de droit pour accabler telle ou telle autre personnalité.
Cette façon même de conduire l’enquête et de communiquer sur le sujet indique clairement que l’affaire fait l’objet d’un traitement plutôt politique que judiciaire. Comme par le passé, il est difficile de croire qu’il s’agit de lutte contre la corruption.
De là à conclure que la responsabilité politique du président Bouteflika est engagée, il n’y a qu’un pas. Un pas que le collectif “Mouwatana” vient de franchir. Qu’en est-il donc ? Les affaires Chikhi n’auraient pas été possibles s’il restait à nos institutions un minimum d’éthique, de morale et de crédibilité. C’est là le résultat d’un processus inexorable de soumission, d’abaissement, voire de clochardisation des institutions, engagé depuis de nombreuses années. Dans sa quête légitime du pouvoir présidentiel qu’il ne détenait pas encore à l’entame de son premier mandat, Bouteflika a entrepris une œuvre de liquidation illégitime de tous les contre-pouvoirs, y compris ceux légalement dus aux institutions, sans doute pour les soustraire à la mainmise de cercles de décision occultes. Il s’en est suivi ces dégâts collatéraux qui mettent à mal l’ordre institutionnel et qui, à l’évidence, se sont aggravés depuis la maladie du chef de l’État, jusqu’à devenir politiquement ruineux pour le pays.


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