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editorial / ACTUALITÉS

Déni de droit

C’est une marée humaine qui, hier, a répondu présent à l’appel de la Coordination de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques à descendre dans la rue à Béjaïa pour dénoncer, pacifiquement, ce qui, de plus en plus, s’apparente à un effarant déni de droit. Ce n’est certainement pas exagéré que de qualifier ainsi ce qu’endure le premier groupe privé algérien, empêché, de façon pour le moins arbitraire, de concrétiser ses projets d’investissement dans une région qui en a tant besoin. La foule de dizaines de milliers de personnes de divers horizons politiques et sociaux qui, hier, ont battu le pavé à travers les principaux axes de la ville de Yemma Gouraya, met en évidence une formidable prise de conscience de la population face à la flagrante injustice qui frappe de plein fouet toute une région du pays.
C’est que la gestion des affaires publiques par l’arbitraire s’exprime décidément de façon ostentatoire, reléguant les institutions de la République à de simples faire-valoir au profit, et seulement au profit, d’une clientèle qui, pourtant, a fini par montrer sa face hideuse de chantre de la prédation. L’absence d’équité dans la répartition des projets de développement est devenue, ces dernières années, telle que l’on n’a pas besoin d’énormes moyens pour convaincre le commun des citoyens de la nécessité de s’exprimer pour dénoncer ce qui constitue un véritable danger pour le pays. Et c’est cette prise de conscience, d’ailleurs, qui a amené des acteurs de la vie politique, sociale, syndicale et même des citoyens anonymes à joindre leurs voix pour un extraordinaire élan de solidarité avec l’avocat et militant Ali-Yahia Abdennour.
Du haut de ses 98 ans, il tente juste de régulariser la situation d’un logement qu’il occupe depuis des décennies, au moment où d’autres occupants n’ont pas trouvé de difficulté à le faire. N’est-ce pas là un autre ahurissant déni de droit qui s’abat et dans l’impunité la plus totale sur un vieux militant de la cause d’indépendance et de la démocratie ? Pour un système politique bâti sur le népotisme et gangrené par la corruption, l’arbitraire est ainsi devenu une arme de prédilection contre toutes les voix réfractaires à ses visées diaboliques. La marche de Béjaïa et la pétition lancée en solidarité avec Me Ali-Yahia sont deux exemples d’une mobilisation citoyenne à méditer sérieusement, tant elles ont pu rassembler des personnalités qui, jusque-là, peu de choses réunissaient. C’est de là que peut venir le salut du pays.


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