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editorial / ACTUALITÉS

Dialogue de sourds

Les différents mouvements sociaux qui se font de plus en plus nombreux ne semblent pas gêner la quiétude d’un gouvernement enfermé dans une bulle aseptisée. Et pourtant…
Le mode d’emploi qu’il a choisi d’adopter, à savoir faire le dos rond, n’est certainement pas le meilleur rempart face à des contestations motivées par une augmentation du prix du ticket de transport, notamment dans l’Algérie profonde, et par des revendications syndicales comme celles des médecins résidents, des paramédicaux ou des enseignants exprimées, elles, à l’échelle nationale. Le reste est à venir, avec les effets insupportables sur le pouvoir d’achat qu’engendrera la loi de finances 2018. Et, par ricochet, c’est tout le monde du travail, aussi bien les travailleurs que les opérateurs économiques, qui se sentira concerné, et cela se fera sentir.
Pour un État, prendre des décisions pour l’intérêt général des citoyens est une mission principale, parmi d’autres, dont celle qui consiste à tout mettre en œuvre pour préserver la crédibilité même de l’État. Mais quand le dialogue est celui des sourds et la concertation un vain mot, il ne reste que la rue comme réceptacle pouvant accueillir les doléances et les revendications, légitimes ou pas, d’une frange de la population. Il revient à l’État et à ses démembrements régionaux et locaux d’expliquer, de convaincre et de trancher les questions en suspens, et non de les ajourner ou de les ignorer. En revanche, le mépris affiché et, pire, la méthode musclée adoptée et ordonnée aux forces de l’ordre en guise de réponse à tout mouvement et à toute marche pacifique ne feront qu’augmenter l’animosité du citoyen envers l’État.
Cette situation, si elle venait à perdurer, risquerait d’augmenter la tension électrique qui existe déjà entre le citoyen et ses gouvernants. À titre d’exemple, la grève du Cnapeste qui prend en otage des élèves qui ne demandent qu’à aller à l’école, et dont la scolarité, dans certaines wilayas, risque d’être compromise, ou encore ces routes fermées pour cause de ticket de transport trop cher. Un État fort et juste réagit et prend des décisions. Laisser le pourrissement envahir les lieux est très dangereux, et il ne sert à rien de brandir l’épouvantail de la déstabilisation, car il n’y a ni main extérieure, ni main intérieure, ni aucune manipulation, il y a seulement  une absence de l’État.

Par Outoudert Abrous
abrousliberte@gmail.com


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