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editorial / ACTUALITÉS

Échec consommé

Le régime a poussé sa logique jusqu’au ridicule. Le chef de l’État, qui n’ignorait pourtant pas que les partis, les associations et les personnalités n’allaient pas se bousculer au portillon du Palais des nations, a tout de même maintenu sa conférence de consultation autour du mécanisme de supervision de l’élection présidentielle du 4 juillet prochain. Résultat : un lamentable fiasco. 

D’ailleurs, n’était la gravité de la situation, nous aurions certainement ri, même si ce à quoi nous avons assisté ce lundi est à classer dans la case mauvais vaudeville. Abdelkader Bensalah, que les contingences politiques ont hissé, malgré lui, au sommet de la hiérarchie politique, s’accroche à une feuille de route qui mène droit à l’impasse. 
Il maintient, coûte que coûte, un processus électoral que tout, la mobilisation populaire, la désaffection de la classe politique, y compris celle des partis et organisations jadis proches du pouvoir, voue à l’échec. Ce n’est assurément pas par bravade que le chef de l’État par intérim s’entête à poursuivre dans cette voie, la chronique politique n’en consigne pas à son actif. L’homme est réputé pour être des plus lisses politiques qui soient. S’il persiste à n’entrevoir de solution à la crise qui secoue le pays qu’à travers les urnes, c’est que le régime y voit l’unique façon de survivre à la bourrasque populaire qui souffle toujours aussi fort depuis le 22 février dernier. 
Nous percevons cette volonté du régime à se pérenniser envers et contre le peuple dans cette idée qui a germé hier et qui suggère un report de quelques semaines de la date de la tenue de l’élection présidentielle. Habillée de la sorte, au sortir du conclave raté du Club-des-Pins, l’idée pouvait paraître comme un lâchage de lest de la part des décideurs du moment. Or, si la proposition venait à être retenue, ce serait une violation terrible de la Constitution. 
Car, le projet ne suppose rien moins que la prolongation du magistère de Bensalah, ce qui serait, outre l’illégalité de l’entreprise, une provocation de trop à l’encontre du peuple qui, chaque vendredi, depuis deux mois, manifeste pour réclamer le départ du système. Ce départ passe, il va sans dire, par la disqualification du personnel qui a servi le système et les processus politiques qu’ils ont engagés. Par personnel, nous entendons aussi bien les politiques que les militaires. Les seconds sont d’ailleurs plus entreprenants en cette période de crise. Ce qui n’est pas de bon augure pour l’émancipation démocratique du pays.


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