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editorial / ACTUALITÉS

Et l’espoir fut !

Vingt avril 1980. C’est le jour où tout a basculé, en effet. Tout n’a pas commencé ce jour-là, mais cette date a marqué un moment de rupture historique dans l’Algérie indépendante. Car c’est incontestablement au Printemps berbère que l’on doit l’enclenchement d’un processus sociopolitique qui finira par devenir irréversible même si le pouvoir de l’époque et ceux qui vont lui succéder s’emploieront, pendant longtemps, à le réprimer, à l’occulter, à le dévoyer et à le diaboliser aux yeux de l’opinion. Autant de tentatives qui, toutes, vont s’avérer inopérantes car jamais les cadres et militants du mouvement né du Printemps berbère n’ont succombé au chant des sirènes, à la tentation de la surenchère ou de la violence auxquelles il était sciemment et assidûment poussé.
À l’éclosion de ce printemps-là, faisait écho, non pas la création de “groupes armés” ou de “cellules de subversion”, mais d’autres éclosions : une multitude d’associations culturelles, des dizaines de groupes de musique, autant de troupes de théâtre, les uns et les autres rivalisant d’œuvres poétiques ou dramaturgiques qui, tout en portant les revendications et idéaux du mouvement, n’ont pas manqué d’enrichir la langue et la culture amazighes elles-mêmes ! Le tout dans l’adversité et la difficulté qu’impliquaient une “contre-offensive” permanente du pouvoir et l’absence quasi totale de moyens. La conviction aura eu raison de la répression et, chemin faisant, elle a permis à la citoyenneté de prendre tout son sens — pas encore toute sa place — dans un pays qui s’était déjà doté des instruments politiques et de l’arsenal juridique appropriés pour une négation totale et définitive des libertés et des droits. Avril 80, ce fut aussi cela : la chute des murs du silence et de la peur, mais aussi le recouvrement de la parole libre, la renaissance de cet espoir longtemps étouffé, porté par tout un peuple, tout au long de la guerre de Libération, puis trahi à l’Indépendance, avant d’être… “légalement” interdit de cité.
Trente-huit ans après, et au prix de luttes pénibles et coûteuses, Yennayer est consacré fête nationale et tamazight est langue officielle. Le Printemps serait-il derrière nous, pour autant ? Le croire, c’est oublier qu’Avril 80 fut aussi l’amorce du combat des Algériens d’après-guerre pour un État démocratique tel que préconisé dans la plateforme de la Soummam. Car, oui, le cri du printemps 80 n’était, au final, qu’un écho à celui lancé pour la libération du pays.


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